Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 637-638 mars-avril 2017 *

ÉTAT ESPAGNOL

Les turbulences mondiales, la crise de régime et Podemos

Cf. aussi : [Espagne] [Jaime Pastor]

Jaime Pastor*

Le chemin de la liberté France Espagne 1940-1944 Photothèque Rouge/MILO

Le chemin de la liberté France Espagne 1940-1944 Photothèque Rouge/MILO

Nous faisons face à la plus grande crise de l’histoire du capitalisme. Ce diagnostic fait depuis 2007 et 2008 de plus en plus consensus, autant parmi ceux qui contestent ce système que pour un nombre croissant de scientifiques, y compris de think tanks liés au système. Il en va de même pour constater que la recherche constante d’une issue passant par un nouveau tour de vis néolibéral ne fait qu’augmenter les inégalités et aggrave une crise climatique qui menace l’avenir de la vie sur la planète.

« Gouvernance mondiale » en panne

Une autre évidence partagée est que cette même crise mondiale conduit à la fin du vieil ordre de la « mondialisation heureuse », à la crise d’hégémonie du néolibéralisme occidental, à une restriction accélérée de la démocratie ainsi qu’à une transition géoéconomique, géopolitique et géoculturelle remplie d’incertitudes – où la présence de « monstres » se révèle plus probable que les révolutions. C’est probablement au sein de la société étatsunienne que ces processus se concentrent le plus en attirant l’attention mondiale, dans la mesure où, avec la victoire de Donald Trump, commence à se développer un puissant « mouvement de mouvements » dont on peut espérer qu’il parvienne à déborder les « progressistes néolibéraux » et contrecarre l’actuel tournant autoritaire et raciste.

Synthèse et articles Inprecor

Le sous-titre du rapport présenté lors de la récente Conférence sur la sécurité, qui s’est tenue à Munich les 18 et19 février, est sans doute un bon exemple de la perplexité des élites face au moment historique que nous vivons : « post-vérité, post-occident, post-ordre ? » Lors de cette conférence, nous avons en outre assisté à la mise en scène de la première rencontre entre les porte-parole de Donald Trump (1) et les dirigeants d’une Union européenne à la dérive, qui craignent que le nouveau président étatsunien exige d’eux une plus grande participation à l’effort militaire du pilier européen de l’OTAN, ainsi qu’une implication plus importante en Syrie avec la Russie et le régime de Bachar el-Assad au nom de la lutte commune contre l’État islamique.

Il n’y a pas eu, en revanche, un quelconque appel à l’hospitalité pour les millions de réfugiés fuyant les guerres et les conflits auxquels les puissances occidentales ne sont pas étrangères. Heureusement, la manifestation récente à Barcelone (2), sous le slogan Casa Nostra, Casa Vostra !, a constitué une bonne réplique face à la dégénérescence morale du projet européen et il est à espérer qu’elle ne soit que le début d’un cycle de mobilisations à l’échelle du continent.

Nous pouvons également nous référer au rapport du Bureau du directeur du renseignement national des États-Unis, « Tendances mondiales : le paradoxe du progrès ». Un rapport qui a déjà été commenté par Michael Roberts (3) et qui met en garde contre la répétition de « chocs tels que le printemps arabe, la crise financière mondiale de 2008 ainsi que la croissance mondiale des politiques populistes antisystème ». Devant un tel panorama, qui sanctionne l’échec du « chaos créatif » entrepris depuis le 11 septembre 2001, on peut percevoir une tentative de réorientation de la part de la première puissance mondiale : « Il serait tentant de mettre de l’ordre dans ce chaos apparent, mais en dernière instance cela serait trop coûteux à court terme et serait un échec sur le long terme ».

Ainsi, il semble que l’expansion géostratégique excessive, en crise à la suite des désastres de l’Irak et de l’Afghanistan, soit remplacée désormais par une attitude plus sélective quant à l’interventionnisme militaire direct des États-Unis, une attitude compatible avec la volonté de maintenir l’OTAN ainsi que ses bases militaires en différents endroits de la planète, notamment à Rota et Morón (4).

D’autres rapports et commentaires « autocritiques », comme celui de l’ancien secrétaire au Trésor des États-Unis, Lawrence Summers, ou celui de l’American Enterprise Institute (5), pointent vers une perspective sombre de « stagnation séculaire ». On peut y lire une reconnaissance qu’on est loin d’une nouvelle phase de croissance économique et, ce qui est pire, une annonce probable d’une nouvelle crise systémique mondiale dont la seule inconnue reste le moment de son apparition.

Il n’est donc pas surprenant que l’on fasse encore appel au rôle que devraient jouer les institutions financières internationales dans la réactivation d’une « gouvernance mondiale » alors qu’elles se soucient davantage d’imposer de nouvelles politiques d’austérité qui n’ont pour seul résultat que d’ajouter de nouveaux États à la liste des États « faillis » et « fragiles » (6).

Ce panorama général est particulièrement grave au sein de l’Union européenne et de la zone euro, dans la mesure où la dictature de la dette – la Grèce étant obligée à procéder à de nouvelles attaques contre les retraites –, la mal nommée « crise des réfugiés » et maintenant la menace d’un Frexit suite au Brexit aboutissent à la crise et y compris à la décomposition de partis « du système », comme c’est le cas avec Les Républicains et le Parti socialiste français ou le Parti démocrate italien.

Il n’est donc pas surprenant que ce que craignent le plus, à court terme, les élites c’est le résultat des élections qui se dérouleront dans des pays clés (Pays-Bas, France, Allemagne…) dans la mesure où elles pourraient conduire à la constitution de gouvernement par des forces qualifiées « antisystème », qui malheureusement en majorité combinent un discours xénophobe et islamophobe au rejet de l’establishment.

Panorama espagnol

Dans un tel contexte mondial et européen, le panorama dans lequel nous nous trouvons dans l’État espagnol n’est évidemment pas celui de l’optimisme cyniquement présenté par Mariano Rajoy.

S’il est vrai que, grâce à l’abstention du PSOE, le dirigeant du PP (Parti Populaire) a pu former à nouveau un gouvernement, il continue d’accompagner sa prétendue « reprise économique » avec de nouvelles coupes sociales exigées par la troïka et des mesures telles que la réactivation de centrales nucléaires comme celle de Garoña.

Plus encore : l’ombre de l’escroquerie de la bulle financière-immobilière revient maintenant au premier plan avec le procès de hauts responsables de la Banque d’Espagne – y compris ceux de la période « socialiste » – pour leur connivence lors de l’entrée en bourse de Bankia, en même temps que se poursuivent les procès et les condamnations pour les scandales de corruption qui affectent le PP (actuellement contre le président de la région de Murcie)… et la famille royale (7). Ce sont là des exemples qui, une fois de plus, indiquent qu’il ne s’agit pas de quelques pommes pourries mais bien d’une corruption structurelle qui touche l’ensemble du régime.

Il est vrai que le seuil électoral du PP s’est révélé difficile à atteindre, mais il est aussi vrai qu’il reste insuffisant non seulement pour assurer la gouvernabilité, mais également pour fournir des garanties suffisantes à la stabilité du régime. La collaboration du PSOE à cette double tâche est indispensable, dès lors que les limites atteintes par l’opération Ciudadanos (C’s) ont été constatées.

Le débat sur le budget constituera le principal test pour vérifier jusqu’à quel point l’élite dirigeante de ce parti s’implique, ou non, dans le maintien de la « triple alliance » PP-PSOE-C’s, alors que le PSOE fait face à un calendrier électoral interne dont l’issue est incertaine. Une formation où aux facteurs de crise propres à la social-démocratie européenne – essoufflement du cycle socio-libéral, érosion croissante et vieillissement de sa base électorale traditionnelle – s’ajoutent les dimensions spécifiques représentées par la capacité électorale de Podemos et le conflit catalan-espagnol.

La résurrection récente de Pedro Sánchez (8), avec son pari en faveur d’une « nouvelle social-démocratie », suppose un défi en règle contre un comité de gestion aux ordres de Susana Díaz.

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L’avenir dira à quel point, malgré sa crédibilité limitée ainsi que la faible autocritique qu’il contient quant au passé, les propositions novatrices de son programme – répartition du travail salarié, allocation universelle, plurinationalité de l’État – sont à même de générer l’enthousiasme d’une base militante décontenancée par le cap suicidaire emprunté jusqu’ici par le parti. Dans tous les cas, la bipolarisation interne pourrait bien aller crescendo au cours des prochains mois et, avec elle, l’agressivité face à ce « gauchisme » de la part d’élites – à l’intérieur et à l’extérieur du parti – qui ont déjà fait la démonstration de leur pouvoir avec la destitution brutale de Sánchez. Nous pourrions même nous trouver face à un conflit de légitimités entre le résultat des primaires et ce qui sera adopté au Congrès, plus facile à contrôler pour l’appareil du Comité de gestion.

Le déclin du bipartisme PP-PSOE reste donc une tendance dominante, d’autant plus alors que le parti le plus touché est un PSOE sans perspectives de remontée électorale et qui, à la différence du passé, devra s’allier avec Podemos pour pouvoir être une alternative de gouvernement face au PP. Une chose que Sánchez avait bien comprise.

Il n’est pas non plus possible de limiter le cas Bankia à une simple affaire de corruption : bien plus que cela est en jeu, dans la mesure où il s’agit d’une des manifestations les plus claires du capitalisme déchaîné qui s’est développé pendant des années dans le cadre du système euro et de « l’effet de richesse » qu’il avait généré.

Il n’y a donc aucune raison de considérer que la crise du régime est terminée, pas même la crise de gouvernabilité, ce qui est encore plus vrai au milieu des turbulences de la zone euro, dont l’avenir est incertain. Il s’agit d’une crise de l’État de droit, social et démocratique, proclamé constitutionnellement mais aussi et particulièrement de l’État des Communautés autonomes.

S’il sera très difficile qu’en Catalogne se déroule un référendum auquel une majorité de la société catalane participe tant qu’il n’y a pas de reconnaissance légale ou internationale de celui-ci, il est aussi vrai que le refus de son organisation continuera à engendrer une désaffection croissante envers l’État espagnol, y compris son institution monarchique, ainsi que le montre l’adhésion croissante à l’aspiration républicaine au sein de cette communauté.

Les tentatives récentes de « dialogue » sont non seulement tardives, mais elles ne parviennent déjà plus à provoquer des fractures au sein du parti qui, historiquement, a été le soutien du bipartisme étatique en Catalogne.

Responsabilité décisive de Podemos

Une fois l’Assemblée citoyenne de Vistalegre II passée, la responsabilité de Podemos dans cette nouvelle phase, indépendamment de ce qu’en disent les augures de tel ou tel camp, demeure décisive. Il faut toutefois reconnaître qu’autant lors du processus de préparation que lors de l’Assemblée elle-même la participation de la majorité des militant·e·s à l’élaboration des documents a été faible. De même, le débat sur les points de convergence et de divergence entre les différentes positions en présence n’a pas été clarifié. Un problème dont la résolution ne semble pas être possible avec le modèle organisationnel approuvé. Malgré la tentative de dépasser le modèle de « machine de guerre électorale », les traits de concentration des pouvoirs et d’une démocratie plébiscitaire persistent, alors que leurs effets négatifs ont été suffisamment vérifiés au cours des trois ans d’existence de Podemos.

À cela s’ajoute quelque chose de plus préoccupant : malgré la volonté de la nouvelle direction de se transformer en un mouvement populaire qui impulse des contre-pouvoirs sociaux, il semble que cette aspiration soit subordonnée à la construction d’un « Podemos pour gouverner »… avec un programme qui se limiterait à exiger le retour au « contrat social » néokeynésien antérieur à la crise systémique, ignorant autant ses limitations passées que son impossible viabilité en cette nouvelle étape historique.

Cette absence d’un projet alternatif et qui dépasse le vieil imaginaire social (ce qui impliquerait d’entrer en conflit avec la dettocratie actuelle, mais aussi avec le fétiche de la croissance économique ainsi qu’avec le modèle de consommation dominant pour pouvoir placer le développement durable au centre) est plus patente du fait de la crainte de tirer les leçons de l’expérience grecque, comme alertait Podemos En Movimiento (9). Assumer un tel débat actuellement et y convier des forces semblables en Europe, ainsi que le propose un manifeste (10), est un point fondamental pour aborder cette nouvelle phase.

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Sinon, nous courons le risque d’une fermeture hâtive du « non-débat » de Vistalegre au moyen d’une recomposition de la coalition entre les deux fractions majoritaires autour d’un projet axé sur la formation d’un gouvernement qui, à nouveau, reléguerait les Cercles de Podemos au simple rôle de comités de campagne… préélectorale. Une hypothèse qui ne doit pas être écartée au vu des premiers messages du Secrétaire général, dont la poursuite d’un discours « gagnant » ne correspond ni aux rapports de forces existant dans la société ni aux tâches nécessaires dans la phase actuelle pour mettre en déroute le projet de restauration de la « grande coalition ».

Le retour du conflit social – en étant attentifs maintenant à la solidarité nécessaire avec la lutte des dockers contre la libéralisation et la précarisation du secteur imposée par l’UE et le gouvernement –, l’appel du mouvement féministe à une journée internationale de lutte le 8 mars prochain ou les initiatives qui sont mises en avant par un syndicalisme social qui suit l’exemple des PAH (11) et des Marées (12) contribuent à la recherche d’une voie permettant de changer ce rapport de forces et utilisant la présence institutionnelle d’Unidos Podemos, et ses propositions. Parmi ces dernières figure également la revendication de la reconnaissance par l’État espagnol du droit à convoquer un référendum en Catalogne avec toutes les garanties sur son avenir et le rejet de toute forme de répression qui pourrait être prise contre cette juste revendication de la majorité de la société catalane.  ■

Madrid, le 21 février 2017

* Jaime Pastor, est professeur de Sciences politiques à l’Université nationale d’enseignement à distance (Madrid) et rédacteur en chef de la revue Viento Sur. Cet article publié le 21 février sur le site VientoSur.info, puis traduit en français et publié par la revue électronique suisse À l’Encontre le 23 février 2017 (Nous avons revu cette traduction et ajouté des intertitres).

Notes

1. Le vice-président Mike Pence, le secrétaire d’État à la Défense James Mattis et le secrétaire d’État à la Sécurité intérieure John Kelly.

2. Le samedi 18 février 2017 entre 160 000 (estimation de la police) et 300 000 (estimation des organisateurs) personnes ont manifesté à Barcelone dans le cadre de la campagne « Casa nostra, casa vostra » (« Chez nous c’est chez vous »), autour du thème « Plus d’excuses » (car en vertu de ses engagements envers l’UE, à partir de 2015 l’Espagne devait accueillir 16 000 candidats à l’asile, mais seulement 1 100 ont été jusqu’à présent autorisés à traverser la frontière). L’appel avait été lancé par un groupe de personnes indépendantes travaillant dans le monde de la communication, qui s’étaient retrouvé en mai 2016 dans les camps de réfugiés, à la frontière entre Grèce et Macédoine, et était soutenu par la majorité des partis politiques, syndicats et associations en Catalogne, ainsi que par la maire de Barcelone, Ada Colau.

3. Cf. Michael Roberts, The global paradox (https://thenextrecession.wordpress.com/2017/02/14/the-global-paradox/) et, en traduction espagnole, « La paradoja global del capitalismo » (sinpermiso.info).

4. La base navale de Rota et la base aérienne de Morón sont les deux des bases militaires étatsuniennes actives sur sol espagnol, en Andalousie. En 2015 un accord entre Washington et Madrid a accru jusqu’à 2 200 militaires permanents les forces d’intervention stationnées à Morón.

5. « La combinaison de hauts niveaux d’endettement, de prix ne reflétant pas les risques de crédit et de failles grandissantes dans l’économie mondiale [comme le « Brexit », le ralentissement chinois et la crise bancaire rampante dans la zone euro] rend très probable une crise financière généralisée dans les deux prochaines années.  » (Cité par Cédric Durand, « Les remèdes toxiques à la crise financière », le Monde diplomatique n° 256 de février 2017.

6. Le rapport sur le développement mondial 2017 de la Banque mondiale porte pour titre « La gouvernance et les lois ». Au-delà du jargon habituel, il est significatif que le Groupe de la Banque mondiale qui a rédigé le rapport se préoccupe des « asymétries de pouvoir » (où la référence à Michel Foucault ne manque pas), en particulier pour les phénomènes d’exclusion, de captation et de clientélisme présents dans les États… non développés. La mention de la Transition espagnole ne manque pas non plus. Elle figure comme modèle de la manière dont les élites peuvent adopter des « règles qui restreignent leur propre pouvoir »… pour se maintenir au pouvoir.

7. Cristina de Bourbon et de Grèce (fille du roi Juan Carlos Ier et de la reine Sophie, sœur du roi Felipe VI), jugée pour complicité de fraude fiscale, a été relaxée le 17 février 2017, mais son mari, Inaki Urdangarin, a été condamné à six ans et trois mois de prison et une amende de plus de 512 000 euros, pour fraude fiscale, trafic d’influence et prévarication notamment. Il était accusé d’avoir, avec un associé, détourné plusieurs millions d’euros de subventions attribuées à Noos entre 2004 et 2006 par les gouvernements autonomes des Baléares et de Valence, alors dirigés par le Parti populaire. Le scandale de l’affaire Noos, révélé en 2011, avait précipité l’abdication du roi Juan Carlos et l’arrivé sur le trône de son fils Felipe VI.

8. Pedro Sánchez, secrétaire général du PSOE, a été écarté suite à un « coup » interne organisé par les « barons » du parti (emmenés par Susana Díaz, présidente de la Junte d’Andalousie, et Emiliano García-Page, président de la Junte de Castille-La Manche) afin de permettre la formation d’un gouvernement PP. Il a annoncé le 28 janvier 2017 sa candidature à la prochaine « primaire » visant à désigner le prochain secrétaire général du PSOE.

9. Voir l’article de Josep Maria Antentas

10. Voir en p. …

11. Plateforme des victimes du crédit hypothécaire (PAH) est un mouvement qui s’oppose aux expulsions de logement en raison du non-paiement des hypothèques.

12. Les Marées sont les mouvements sociaux, chacun avec une couleur propre, défendant la santé publique, le système éducatif ou le droit au logement. Elles ont fini par confluer en mars 2014 en une impressionnante manifestation d’un million de personnes à Madrid.

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