Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 588-589 décembre 2012

PAKISTAN

Nouveau parti ouvrier

Cf. aussi : [Pakistan]

Awami Worker’s Party (AWP), un nouveau parti ouvrier s'est constitué en novembre 2012 après la fusion du LPP, de L'APP et du WPP.

Issus de trois organisations de la gauche pakistanaise — Labour Party Pakistan (LPP), Awami Party Pakistan (APP) et Worker’s Party Pakistan (WPP) — environ 500 délégués ont tenu le 11 novembre 2012 un congrès à Lahore. Ils ont formé une nouvelle organisation unifiée : Awami Worker’s Party (AWP). Les trois partis, qui se sont dissous, espèrent créer ainsi une nouvelle dynamique à gauche.

Au cours du congrès les orateurs ont déclaré que la fusion des partis de gauche offrait une plateforme aux travailleurs anti-impérialistes, anti-establishment et laïques, pour défier les forces féodales, capitalistes et conservatrices. Ils espèrent que l’AWP sera un outil pour imposer l’hégémonie populaire contre les bureaucraties civiles et militaires. Une forte présence de jeunes parmi les délégués indique un renouveau organisationnel de la gauche et une rupture avec les expériences socialistes du XXe siècle qui ont échoué.

Synthèse actualisée Inprecor

« La situation actuelle nous oblige à mobiliser la jeunesse progressiste sur une plate-forme capable d’apporter un changement du système politique, qui a été détruit par les politiques anti-ouvrières et pro-impérialistes des dirigeants corrompus. Maintenant, nous devons renforcer notre lutte pour renverser le système et pour garantir à tout le monde leurs droits constitutionnels », expliquait Baba Jan, vice-président du nouveau parti. Il a souligné que la gauche et les nationalistes radicaux sont particulièrement concernés par le non-respect du droit au Pakistan, en particulier au Baloutchistan et au Sindh, où des travailleurs sont torturés et assassinés. « Par nos mobilisations et nos luttes pacifiques, nous voulons faire de ce pays un Pakistan socialiste », a-t-il conclu.

Abid Hassan Manto, président du nouveau parti, a abordé dans le même sens : « Grâce à des interventions, des méthodes et des tactiques nouvelles, nous poserons la première pierre d’un nouveau Pakistan socialiste ».

L’AWP s’est donné comme axes fondamentaux les cinq points suivants :

1. Mise en œuvre immédiate de toutes les lois relatives à la réforme agraire et élimination du pouvoir social féodal sous toutes ses formes ;

2. Rupture avec la politique hostile de l’État pakistanais envers les pays voisins ;

3. Reconnaissance de la réalité multinationale du Pakistan et mise en place d’un véritable système fédéral, avec droit à l’autodétermination des peuples ;

4. Rupture avec les diktats du capital multinational et de l’impérialisme sous toutes leurs formes ;

5. Remplacement des institutions étatiques oppressantes par des organismes fondamentalement démocratiques répondant aux besoins de base de la population.

Comme l’a dit le président de l’AWP, Abid Hasan Manto, il s’agit d’un premier pas : «  Nous avons créé un parti. Nous n’avons pas encore commencé une révolution  ». Auparavant, il avait lancé un appel à la mobilisation des jeunes femmes, pour qu’elles deviennent plus actives politiquement, à l’instar des dizaines de déléguées du Sind, du Baloutchistan, du Gilgit-Baltistan et de l’Azad Jammu-et-Cachemire qui participaient au congrès.

Les fondateurs de ce nouveau parti n’ont pas l’illusion d’arriver, par ce seul acte, à la masse critique qui leur permettrait de redistribuer nationalement les cartes politiques. Mais ils en ont pris le chemin. ■

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