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Prendre de l’ampleur pour gagner

Rouge2286, 12/02/2009

Les contre-réformes du gouvernement se heurtent à une mobilisation généralisée des universitaires et des étudiants.

Les enseignants-chercheurs sont partis en grève reconductible le 2 février. Photothèque Rouge/JMB

Les enseignants-chercheurs sont partis en grève reconductible le 2 février. Photothèque Rouge/JMB

Contre l’explosion du statut des enseignants-chercheurs, contre la pseudo « mastérisation » des formations d’enseignants, contre les suppressions de postes et les restrictions budgétaires, contre la casse du CNRS et, en arrière-plan, contre la LRU, la plupart des universitaires s’impliquent maintenant à des degrés divers : depuis la grève « japonaise » jusqu’à la grève tout court, en passant par la grève administrative. Les étudiants organisent aussi des AG massives et entrent dans la grève.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, ne peut plus compter que sur la conférence des présidents d’université (CPU), de plus en plus fragilisée. Jeudi 5 février, à Strasbourg, où elle venait célébrer la fusion technocratique des universités de la ville devant un parterre d’invités et un président d’université strasbourgeois livide, la ministre s’est faite huer par les enseignants-chercheurs, pendant qu’à l’extérieur, les étudiants et universitaires étaient victimes de violences policières.

Certains présidents cherchent une porte de sortie, allant jusqu’à voter les motions de leurs conseils d’administration hostiles au projet de décret sur les enseignants-chercheurs. Après une prise de position publique de la présidente de Nanterre en faveur du retrait du projet, Axel Kahn, président de Paris V, pourtant cité en exemple par Sarkozy lors de son show télévisé, demande que les compteurs soient remis à zéro. Le succès des manifestations démontre que ceux qui représentent vraiment l’université ne veulent pas d’une gestion « managériale » des établissements, refusent que la recherche soit soumise aux intérêts privés, rejettent la mise en concurrence des formations sur un « marché de l’éducation », et exigent des moyens pour un service public rénové, au service de toute la population. Valérie Pécresse devait discuter d’une « charte de bonne conduite » des présidents « managers », au cours d’une réunion convoquée au lendemain de la grande manifestation nationale du mardi 10 février. Au risque de n’y retrouver que la CPU car, au même moment, devait se tenir, à Saint-Denis, une coordination des universités autrement plus représentative.

La « mastérisation » de la formation des enseignants prend aussi eau de toutes parts. L’un après l’autre, les CA décident de ne pas remonter au ministère les maquettes des futurs concours. Alors que Darcos comptait sur la concurrence entre établissements pour parvenir à ses fins, les universitaires refusent d’entrer dans son jeu.

D’ores et déjà discréditée, la CPU est la première victime collatérale des contre-réformes sarkozystes. La ministre Pécresse risque fort d’être la seconde. La jonction entre universitaires et étudiants en appelle d’autres. L’enjeu que constitue le service public mérite un large soutien, étendu à tous les secteurs de la société. Une riposte de l’ensemble de la gauche syndicale et politique est une urgente nécessité. 

Jean-Luc Godet

Rouge2286, 12/02/2009

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