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La mobilisation impose un recul

Rouge2286, 12/02/2009

Face à la très forte mobilisation des salariés de la fonderie de Caudan (Morbihan), l’administrateur provisoire de cette entreprise en redressement judiciaire a annoncé qu’il refusait le plan de licenciements du patron. C’est une première et belle victoire.

Les salariés avaient prévenu que la moindre annonce de plan social déclencherait une mobilisation d’ampleur. C’est ce qui s’est produit. Le redressement judiciaire a été prolongé jusqu’au 10 mars par le tribunal de commerce, et un audit doit être réalisé pour savoir si l’entreprise est éligible au fond destiné au plan de relance de l’industrie automobile, Renault et PSA étant clients à 84 % de la fonderie (lire Rouge n° 2283).

Mais, le 3 février, un plan de restructuration est annoncé par le patron du groupe Zen, Florindo Garro, principal actionnaire de SBFM. La nouvelle est, dans ce contexte, un vrai choc. Les patrons ont décidé de reprendre l’offensive en bousculant le calendrier et en révélant leurs objectifs : 237 emplois supprimés sur 550 à partir d’avril, une chaîne de production sur trois arrêtée, l’usinage transféré chez Fabris, une autre filiale du groupe, à Châtellerault (Vienne). Dans cette filiale, plus de 200 suppressions d’emplois sur 372 sont également prévus.

La colère, à peine contenue depuis des mois, a alors éclaté. Depuis mercredi 4 février, l’usine était occupée et bloquée par les salariés. Des assemblées générales ouvertes à la population ont eu lieu tous les jours dans le réfectoire de l’usine. Le préfet a reçu les salariés, leur assurant que l’État ne financerait pas ce plan social et il s’est engagé à organiser une rencontre, sous huit jours, au ministère de l’Industrie. Jeudi, la voie de chemin de fer de Lorient été bloquée par un rassemblement, avant une visite à la sous-préfecture de Lorient où la délégation a appris que le rendez-vous au ministère n’aurait pas lieu avant le 18 février. Vendredi, retour à la préfecture de Vannes où, pour exprimer leur mécontentement, les ouvriers sont venus avec des pièces de fonderie qui ont volé dans la cour. Le message passe, le rendez-vous aura bien lieu le 12 février.

Samedi matin, un grand rassemblement populaire a été organisé sur le site et la mobilisation a contraint les élus à prendre des positions fermes contre le plan social et en faveur d’une reprise par Renault.

Lundi 9 février, une manifestation des salariés a eu lieu à Lorient, devant le CE extraordinaire qui devait entériner le plan social. Olivier Besancenot y a participé, apportant, avec des militants du NPA, sa solidarité. L’actionnaire Garro s’est dégonflé et il a décidé ne pas rentrer dans la salle du CE. Dans la foulée, le représentant de la CGT, Pierre Le Ménahès, a annoncé que l’administrateur judiciaire a écarté le plan social. C’est une première grande victoire pour cette lutte emblématique, mais tout reste encore à faire pour empêcher les licenciements. Les fondeurs ont repris le travail mais restent mobilisés. 

Stéphanie Chauvin

Rouge2286, 12/02/2009

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