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L’espoir anticapitaliste

Rouge2286, 12/02/2009

Photothèque Rouge/Franck Houlgatte

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Le Nouveau Parti anticapitaliste s’est fondé, du 6 au 8 février, en adoptant un programme, des statuts provisoires, un nom, une orientation politique, et en élisant une nouvelle direction. La conclusion d’un processus et d’une dynamique de rassemblement des forces anticapitalistes et révolutionnaires, entamé il y a dix-huit mois. Processus qui a impliqué que la LCR laisse la place à ce nouveau parti. D’ores et déjà, le NPA est une nouvelle réalité politique, que nous avons pu forger ensemble mais, au-delà de la satisfaction, c’est bien un sentiment de responsabilité et de prise en compte de la gravité de la situation qui a dominé nos débats.

En effet, la création du NPA n’est pas un événement extérieur aux réalités politiques. La fondation du NPA s’inscrit, et sans doute s’explique aussi, par un contexte de crise globale. Le capitalisme s’enfonce dans une crise profonde, historique, qui n’est plus niée par la plupart des dirigeants de la planète. Elle ne se réduit ni à une crise financière, ni à l’échec de la régulation libérale du système capitaliste, mais bel et bien à l’échec d’un système de généralisation du marché afin de satisfaire la soif de profits des possédants.

L’ensemble de la population et du monde du travail risque de payer une crise dont les acteurs centraux du système (les banques, les puissances financières, les institutions capitalistes) sont les premiers responsables. Les licenciements massifs, la vie chère, la destruction méthodique des services publics en sont les premières manifestations et provoquent les premières mobilisations. Dans le même temps, une crise écologique et alimentaire frappe les populations dans l’essence même de leurs conditions de vie. Face à cette crise de civilisation capitaliste, nous voulons installer une force qui défende la transformation révolutionnaire de la société, la reconstruction d’une perspective socialiste profondément démocratique remettant en cause la propriété privée économique.

Les premières mobilisations éclatent. La Guadeloupe et la Martinique se soulèvent contre la vie chère, les injustices et les discriminations. Le 29 janvier, nous étions plusieurs millions en grève et en manifestations, alors que se dessine une nouvelle journée le 19 mars. Après les lycéens en décembre, universitaires et étudiants prennent le chemin de la rue pour faire plier un gouvernement, qui n’a renoncé en rien à ses projets de démolition sociale. Des appels convergent pour remettre en cause les projets liberticides du pouvoir. Nous appuyons tout ce qui permet la convergence des luttes, toutes les initiatives de mobilisation vers un mouvement d’ensemble contre le gouvernement et sa politique. Un nouveau Mai 68 pour battre Sarkozy.

C’est bien pourquoi le NPA sera au cœur des mobilisations, des grèves et des manifestations, proposera constamment le rassemblement unitaire des forces de la gauche sociale et politique pour soutenir les luttes. Comme nous l’avons fait sur le terrain des licenciements. Comme nous le proposerons pour la nouvelle journée de grève et de manifestations du 19 mars ou pour appuyer le combat des travailleurs de l’automobile.

Dans cette période de tensions sociales et politiques, nous voulons défendre un plan d’urgence, un plan de sortie de crise en faveur des travailleurs et de la population. Un plan de mesures concrètes, qui se refuse à accompagner le capitalisme, à financer les responsables de la crise, comme le fait le pouvoir et comme le propose également le projet du PS. Nous voulons l’augmentation des salaires de 300 euros net par mois pour tous et toutes ; aucun revenu, salaire ou autres en dessous de 1 500 euros net ; la suppression de la TVA, à commencer sur les produits de première nécessité ; le blocage et la baisse des loyers, la lutte contre les hypermarchés qui font du profit sur le dos des consommateurs tout en étranglant les petits producteurs. Nous défendrons l’interdiction des licenciements dans les grandes comme dans les petites entreprises, dans le privé comme dans le public, où les suppressions de postes n’ont jamais été aussi importantes. Nous refusons et combattons la loi Bachelot de marchandisation et de privatisation de la santé. Nous sommes aux côtés des universitaires et des étudiants contre la loi Pécresse. Nous refusons les privatisations d’hier et d’aujourd’hui, de droite comme de gauche, et nous nous battrons pour l’expropriation des banques et des compagnies financières, la mise en place d’un service public bancaire contrôlé par la population…

Autour d’un programme anticapitaliste et d’une perspective indépendante de la direction du PS, qui se situe dans le cadre de la gestion du système, nous souhaitons le rassemblement le plus large. Dans les luttes comme dans les élections. Un rassemblement durable, qui offre une perspective alternative à celles et ceux qui souffrent de la crise, qui n’en peuvent plus de l’arrogance du pouvoir et du patronat. Une union cohérente, qui défend la même politique dans les luttes et dans les élections, aux européennes comme aux régionales, en France, comme en Europe. 

Pierre-François Grond

Rouge2286, 12/02/2009

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