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Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale

 

N° 585-586 août-septembre 2012

PARAGUAY

Cartographie d’une conspiration ou pourquoi le président Lugo est tombé

Cf. aussi : [Paraguay]

Pablo Stefanoni *

Fernando Lugo, président du Paraguay, élu et destitué.<br/>© Presidencia de la Nación Argentina.

Fernando Lugo, président du Paraguay, élu et destitué.
© Presidencia de la Nación Argentina.

La destitution de Fernando Lugo (1) a déchaîné une forte crise institutionnelle au Paraguay et a provoqué la répudiation du pays par tous les États du Mercosur (2). Les motifs sont divers : causes structurelles, aspirations adverses retardées et le contexte pré-électoral.

« Je crois que Franco fera respecter la propriété privée beaucoup plus fermement ». Avec Fernando Lugo « los carperos (3) étaient dans le Palais [présidentiel] ». Ces deux phrases, prononcées peu après la destitution du président paraguayen et la nomination à sa place du vice-président Federico Franco, ont été prononcées, respectivement, par le président de l’Association des entrepreneurs chrétiens, Luís Fretes (4) et par le porte-parole des « brasiguayos », Aurio Fighetto (5). Par leur crudité elles permettent de saisir les sensibilités et les susceptibilités qui constituent les fondements du coup d’État parlementaire du 22 juin dernier. La consigne des grands propriétaires producteurs du soja, qui a suivi ces événements, c’est le retour à la tranquillité, altérée par « la ligue des carperos » qui occupaient leurs haciendas. « Une véritable armée », disent-ils, protégée par Lugo depuis le Palais de López (6). ABC Color, pour sa part, titrait le 6 juillet son portail électronique : « Fermeté contre les envahisseurs ».

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L’île entourée de terres

La question agraire est au Paraguay essentielle : 2 % des propriétaires y monopolisent 80 % des terres cultivables, dont une grande partie est consacrée à la production du soja et à l’élevage du bétail. Lugo est arrivé au gouvernement en 2008, après avoir écarté le Parti colorado, au pouvoir depuis 61 ans, y compris les 35 ans de la dictature d’Alfredo Stroessner. Disposant d’un appui inédit des organisations paysannes, Lugo a intégré la réforme agraire dans le programme de l’Alliance patriotique pour le changement. Mais pour atteindre le Palais présidentiel il a dû passer une alliance avec le Parti libéral radical authentique (PLRA), déjà très éloigné des positions progressistes sur la base desquelles il a été fondé en 1978, dans la clandestinité, pour combattre la dictature.

Ne disposant presque pas de parlementaires acquis à sa cause, ni de l’audace — ni sans doute de la force — pour convoquer une Assemblée constituante, Lugo est resté l’otage d’un Parlement et d’une Justice issus de l’ancien régime. Même le PLRA s’est divisé et une fraction — comprenant le vice-président Federico Franco lui-même — est passé à l’opposition ouverte. Un scénario auquel il faudrait ajouter le cancer affectant le président, les dénonciations récurrentes des paternités non reconnues (7) de l’ex évêque, un anticommunisme profondément enraciné dans la culture paraguayenne (8) et la faiblesse des mouvements populaires paraguayens si on les compare à ceux de la Bolivie, du Venezuela, de l’Argentine ou de l’Équateur. Si la réforme agraire n’a pas avancé, un rapport de la Commission Vérité et Justice et de l’Institut national du développement rural sur les terres obtenues illégalement a pu voir le jour. Il mentionne quelques 8 millions d’hectares…

L’apparition de l’énigmatique Armée du peuple paraguayen (EPP) a encore compliqué le conflit autour de la terre. Avec seulement une poignée de membres l’EPP a procédé à la destruction du matériel agricole des haciendas de soja et au séquestre des propriétaires fonciers Luis Alberto Lindstron en 2008 et Fidel Zavala en 2009 (ce dernier a été obligé de distribuer de la viande aux pauvres au nom de la « courtoisie de l’EPP » avant d’être libéré après trois mois d’emprisonnement et après avoir payé). « C’est quelque chose de mystérieux, ils paraissent être des fantômes », signale depuis Asunción le journaliste Hugo Ruiz Olazar, correspondant de divers médias, dont Clarín.

Plus récemment, l’EPP s’est vue attribuer — à travers un communiqué collé dans une hacienda — le fait d’avoir brulé trois bulldozers et d’avoir exécuté un tractoriste brésilien au cours de la nuit du 28 juin dans le village d’Azotey (9). Le texte indique : « à plusieurs occasions nous avions averti les tractoristes surpris en train de détruire les forêts, qu’ils seront condamnés à la peine maximale (la mort) pour les faits criminels qu’ils commettent », dénonce que « les vaches des oligarques ont plus de valeur qu’un paysan paraguayen » et que « les riches de ce pays et leur gouvernement ont l’habitude de faire couler des fleuves de sang pour défendre leurs intérêts mesquins ». Le texte fait référence au massacre de Curuguaty, où le 15 juin onze paysans qui occupaient les terres et six policiers ont été tués. Ce massacre a été le principal argument employé par le Sénat paraguayen pour destituer Lugo sans respecter les délais permettant d’organiser une défense dans un procès politique.

Apparemment des anciens membres du groupe Patria libre seraient parmi les fondateurs de l’obscure EPP. Et le fait que des anciens élèves du séminaire de Fernando Lugo — ex évêque de San Pedro, une région de mouvements paysans combatifs au centre du pays — appartiendraient à ce groupe a favorisé toute sorte de spéculations. Certains n’ont pas hésité à accuser le président Lugo d’être une sorte d’inspirateur des activités de ce groupe. « Nous sommes communistes, de principes marxistes-léninistes, nous nous revendiquons des idées et du projet du gouvernement du docteur Francia (10), du maréchal López (11), qui sont des héros nationaux », a déclaré dans une interview Carmen Villalbe, arrêtée en 2003 et accusée d’avoir participé au kidnapping de María Edith Bordón, épouse d'un riche entrepreneur. De plus les autorités et les médias ont parlé de liens avec les FAZRC de Colombie.

Tout ceci a fait monter la température « anti-ligue » au sein des classes dominantes paraguayennes — traditionnellement liées à divers négoces illégaux — alors que le gouvernement de Lugo n’a pas promu de réformes radicales. Ce gouvernement n’était pas de gauche, mais, comme l’a signalé en 2009 Hugo Richer, ancien ministre d’Action sociale, « avec Lugo la gauche a obtenu un espace de développement et d’influence politique jamais vu dans toute l’histoire paraguayenne ».

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« Le gouvernement a commencé à toucher des intérêts puissants, imposé des conditions à Rio Tinto [groupe minier et producteur d’aluminium canadien]. Nous tentons de contrôler et de faire respecter la loi en ce qui concerne les pesticides et les semences transgéniques » avait expliqué au El Dipló Aníbal Carrillo, le secrétaire général du Mouvement populaire Tekojoja, qui soutenait Lugo. Le tout dans le cadre de bons résultats économiques.

Le coup et les divisions du Parti colorado

Pourquoi un coup de force alors que l’élection présidentielle doit avoir lieu dans moins d’un an ? Comme l’a dit avec une certaine ironie le politologue Marcello Lachi, « la politique ici n’est pas très raffinée ». Et les primaires internes au sein du Parti colorado le sont encore moins. Dans un parti-État, comme le Parti colorado l’a été durant six décennies, remporter les primaires c’est gagner le pouvoir. Il suffit de rappeler que le vice-président Luis María Argaña a été assassiné le 23 mars 1999 en pleine rue par des tueurs que beaucoup ont associé à l’ex-général Lino Oviedo (l’homme qui, comme le disent en privé ses collaborateurs, « a fait trembler » le dictateur Stroessner au cours du coup de force de 1989, quand il l’a visé avec un fusil et a dégoupillé une grenade pour le forcer à démissionner). Oviedo a fondé le parti Union nationale des citoyens éthiques (UNACE) en rompant avec les colorados. Actuellement il dispose d’un réel poids au Sénat. Il a été condamné pour une tentative de coup d’État en 1996 contre le président de l’époque, Juan Carlos Wasmosy, et fut accusé d’avoir fait tirer sur des civils lors des manifestations connues comme le « mars paraguayen » [en 1999], provoquant la mort de sept jeunes. Ces mobilisations ont finalement conduit à la démission du président colorado Raúl Cubas en 1999 (12).

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Un nouveau chapitre de cette guerre intestine a eu lieu en 2007, lorsque Blanca Ovelar, ministre de l’Éducation, soutenue par le président Nicanor Duarte Frutos, a remporté les primaires colorado et fut accusée de fraude par son adversaire, Luis Alberto Castiglioni. Alors que Duarte Frutos et Ovelar parlaient de « socialisme humaniste » — effet du nouveau climat politique latino-américain —, Castiglioni était considéré comme le « candidat de l’Ambassade » (des États-Unis) et soutenu par Alfredo Goli Stroessner, le petit-fils du dictateur et chef de la fraction « Paix et progrès » du Parti colorado.

Ces luttes intestines ont été réactivées quelques mois avant la chute de Lugo, qui a contribué à les exacerber, semble-t-il. Après le massacre de Curuguaty, Lugo a remplacé le ministre de l’Intérieur, le socialiste Carlos Flizzola, par une figure inattendue, l’ex-procureur général et militant colorado d’origine stroessnerienne, Rubén Candia Amarilla. Résultat immédiat : les libéraux furent indignés, la gauche déconcertée. Pour le coloradisme c’était un coup dur.

Lugo a accusé le puissant éleveur et producteur du tabac, Horacio Cartes, d’être à l’origine du coup d’État. Ce dernier n’est entré en politique que depuis deux ans, « inquiet par le cours politique du pays sous un gouvernement gauchiste libéral pro-chaviste », selon la page web de son regroupement. Il vise la présidence en 2013 (13). Il a pu acheter des consciences et construire un puissant outil politique à partir de sa fortune, objet d’investigations états-uniennes selon les révélations de Wikileaks. Ses entreprises, soupçonnées de « blanchir » l’argent de la drogue, ont été infiltrées par la DEA (14), mais cela n’a pas découragé ses tentatives de remplacer Lugo.

Cartes a vu ses ambitions menacées par un supposé accord entre Lugo et la présidente du Parti colorado, Lilian Samaniego, qui a été « cartiste » avant d’être son adversaire. Lugo aurait ourdi une alliance avec elle, lui promettant l’appui présidentiel en vue des prochaines élections : « On spéculait que Lugo pourrait soutenir Samaniego avec un des siens comme candidat vice-président en 2013 », explique Ruiz Olazar.

Dans une interview au quotidien argentin Clarín, H. Cartes — avec une majorité dans le Parlement — assure que « Lilian Samaniego est la première à avoir évoqué la destitution… Mais ce qu’ils ont fait en réalité c’est de menacer de la destitution pour obtenir des dividendes. Nous avons été les troisièmes à demander la destitution, mais nous l’avons fait sérieusement ». Quelques lignes plus loin, il est encore plus explicite. A la question si Lugo avait tenté de capter un secteur du Parti colorado, le chef de la fraction « Honneur colorado » a répondu : « Le temps le dira, nous avons en tout cas cette perception depuis un moment. Diviser, miser sur quelques candidats, les financer » (15)

Les calculs des libéraux semblent plus simples. Durant les neuf mois qui restent jusqu’à la présidentielle, ils vont avoir l’État à leur disposition pour distribuer des prébendes et coopter des clients. C’est pourquoi certains secteurs de base du Parti Colorado pensent que ce fut une erreur que le parti « a livré » le pouvoir aux libéraux, sans exiger un gouvernement de coalition (16). Cartes s’est défendu en accusant les libéraux d’avoir été responsables du coup : « Nous aurions plus profité si le gouvernement [de Lugo] avait continué, parce qu’il aurait poursuivi ses erreurs. C’est le Parti libéral qui l’a privé du pouvoir. Lugo l’avait emporté avec 700.000 voix, mais il en devait plus de 500.000 au Parti libéral. Et il les a ignorées » (17). Cependant, il n’explique pas pourquoi les parlementaires du Parti colorado ont soutenu cette initiative. Le politologue Marcelo Lachi ajoute : « Si la gauche et les libéraux se présentent aux élection séparément, les colorado gagneront au moins 35 % des suffrages ». Et au Paraguay, il n’y a pas de second tour…

Les libéraux avaient demandé la destitution du ministre de l’Intérieur, Rubén Candia Amarilla, mettant Lugo au pied du mur. Ils disaient qu’ils ne se sentaient pas « appréciés » au sein du gouvernement de coalition avec l’ancien évêque. Selon certaines versions, Lugo aurait approuvé le 20 juin une proposition du PLRA incluant un remaniement total du gouvernement et un accord pour que la candidature à la présidentielle en 2013 soit celle des libéraux. Cette offre ne serait pas parvenue au président du parti, Blas Llano (opposé à Federico Franco) qui, peu avant d’entrer à la séance du Sénat qui a procédé à la destitution de Lugo, a prononcé cette sentence lapidaire : « le délai est dépassé » (18).

C’était en effet la fin d’un gouvernement qui matérialisait les aspirations au changement, mais qui n’a pas voulu ou pas pu modifier les injustices structurelles de cette nation, considérée même en Amérique latine comme une sorte de terre inconnue. « Épuisé par les batailles avec les libéraux et les luttes internes au sein du Front Guasú (19), Lugo s’est peu à peu isolé davantage, se retirant du monde au profit d’un petit cercle », commente le journaliste Rino Giret (20). Cet isolement explique peut-être les difficultés d’organiser contre sa destitution une résistance active dans les rues.

Le coup contre Lugo a donc des causes structurelles — une opposition sociale depuis 2009 qui a mis du temps avant d’être capable de reprendre l’initiative — et conjoncturelles, pré-électorales. La conspiration a été le fait des partis traditionnels écartés du pouvoir et de l’Union des corporations de production, qui regroupe les puissants entrepreneurs agricoles. Elle a bénéficié du soutien des grands médias — comme La Nación et ABC Color (21) — et de l’Église catholique. Il reste à savoir ce que vont dire les États-Unis, qui pour le moment ont manifesté une position prudente face à la destitution du Président. En tout cas, selon La Nación de Asunción<:i>, tant Lugo que Franco ont été invités à la fête nationale des États-Unis, le 4 juillet 2012.

« La Triple Alliance de retour »

Entre-temps le gouvernement paraguayen comme les journalistes mettent en avant l’idée que la réaction du Brésil, de l’Argentine et de l’Uruguay n’est que la réactivation de la séquence d’humiliation du Paraguay, qui a commencé avec la guerre génocidaire de la Triple Alliance au XIXe siècle et qui se poursuit avec la suspension du Paraguay du Mercosur. Un chroniqueur n’a pas hésité à réclamer l’appui des États-Unis « pour préserver l’indépendance du Paraguay » (22). Aujourd’hui il s’agirait d’une « quadruple alliance » : en effet le Venezuela apparaît au centre des dénonciations officielles après que le gouvernement ait diffusé une vidéo — réarrangée et sans le son — qui montre des hauts militaires paraguayens en réunion avec le chancelier vénézuélien Nicolas Maduro, alors que le Sénat procédait à la destitution du président. On suppose que ce fonctionnaire vénézuélien les aurait « harangué » pour qu’ils rejettent la décision du Sénat et prennent la défense du chef de l’État. Finalement, le gouvernement d’Asunción a déclaré persona non grata l’ambassadeur bolivarien.

Cependant, malgré le fort soutien des gouvernements de la région, Lugo a préféré un retrait pacifique et a découragé ses sympathisants de descendre dans les rues (23). Selon certains, la tragédie de Curuguaty a plongé Fernando Lugo dans une sorte d’immobilisme dont il aurait été prisonnier jusqu’au dernier jour, mais qu’en même temps il espérait que l’orage allait passer (24). Ce qui est certain, c’est que le ton avec lequel il a accepté sa destitution et abandonné le pouvoir était celui du soulagement.

Le Front Guasú s’est déjà engagé avec enthousiasme en vue de construire en 2013 un espace progressiste qui survivrait à la présidence de Lugo, qu’il tente par ailleurs de convaincre d’être candidat au Sénat. Ainsi le Paraguay est fidèle à la description faite par le plus grand de ses écrivains, Augusto Roa Bastos, qui affirma un jour : « Son histoire paraîtrait, si elle n’était pas objectivement réelle, comme le fantasme d’un destin dramatique, d’une tragédie ininterrompue, avec cependant des passages de grandeur et de plénitude, très élevés et significatifs » (25). ■

* Pablo Stefanoni, journaliste, ancien directeur de l’édition bolivienne du Monde Diplomatique, est actuellement rédacteur en chef de la revue Nueva Sociedad (www.nuso.org). Cet article est paru d’abord dans Le Monde Diplomatique edición Cono Sur (El Dipló) n° 157 de juillet 2012.

Traduction : J. M

Notes

1. Fernando Lugo, ancien évêque de San Pedro, issue d’une famille pauvre persécutée par la dictature Stroessner, expulsé lui-même du Paraguay pour ses sermons contre la dictature, missionnaire en Équateur (ce qui lui vaut le surnom de « l’évêque des pauvres »), a été élu président du Paraguay en avril 2008 à la tête d’une alliance composite.

2. La Marché commun du Sud a été constitué le 26 mars 1991 par le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. Actuellement la Bolivie, le Chili, le Pérou, la Colombie, l’Équateur et le Venezuela sont associés au Mercosur. Le Venezuela devrait intégrer le Mercosur à part entière le 31 juillet 2012. L’objectif de ce marché commun est de parvenir à une union politique et économique de toute l’Amérique du Sud.

3. « Los carperos » est l’appellation donnée au Paraguay aux militants paysans radicaux luttant pour la terre et procédant aux occupations des terres.

4. Rubén Guillemi, « Los tres pilares de Franco », La Nación, Buenos Aires, 26 juin 2012.

5. « “Brasiguayos” se reúnen hoy con Dilma Rousseff en Brasilia », ABC Color, Asunción, 26 juin 2012. On appelle « brasiguayos » les Brésiliens et leurs descendants qui occupent une grande partie des terres les plus fertiles du pays.

6. Le Palais de López est le siège du gouvernement paraguayen.

7. En avril 2009 il a reconnu être le père naturel de Guillermo Lugo Carrillo, âgé alors de 2 ans, fils de Viviana Carrillo.

8. Le Paraguay a été un allié historique de Taïwan et une grande statue du dirigeant anticommuniste chinois Tchang-Kaï-chek a été érigée en plein centre de sa capitale, Asunción, dans une avenue qui porte son nom. Taïpeh a déjà reconnu le nouveau gouvernement de Federico Franco. « Au Paraguay il n’y a aucun conflit politique, tout suit son cours. Les personnes dans les rues sont tranquilles, insouciantes, et je crois que cela devrait intéresser plus les gouvernements voisins qui ne reconnaissent pas la légitimité du nouveau pouvoir exécutif du Paraguay », a déclaré l’ambassadeur taïwanais à Asuncion, José María Liu.

9. Última Hora, Asunción, 3 juillet 2012.

10. José Gaspar Rodríguez de Francia (ou José Gaspar de Francia y Velasco), 1766-1840, appelé Docteur Francia, est considéré comme l’idéologue et le principal dirigeant politique de l’indépendance paraguayenne (1811). Il a établi une dictature, nationalisé les biens de l’Église, organisé l’enseignement primaire gratuit et obligatoire, fermé les frontières du Paraguay et établi une économie autarcique, interdisant le commerce extérieur.

11. Francisco Solano López (1827-1870) a été président du Paraguay de 1862 à 1870 (à la suite de son père, Carlos Antonio López, président de 1844 à 1862) et nommé maréchal en 1865. Il a provoqué la guerre de la Triple Alliance (contre l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay, 1865-1870 avec la volonté de désenclaver le Paraguay et de l’unifier avec l’Uruguay . Cette guerre, perdue, a réduit de plus de moitié la population paraguayenne avec un déséquilibre inouï entre femmes et hommes (probablement seulement 25 % à 33 % d’hommes dans la population à l’issue de la guerre) et a mis l’économie paraguayenne sous la coupe des intérêts anglo-argentins, puis brésiliens.

12. Sa fille, Cecilia Cubas, a été kidnappée et assassinée en 2004. A la suite d’un procès souvent remis en cause, quatre militants du groupe Patria libre furent condamnés.

13. Rubén Céspedes, « El lado oscuro de Horacio Cartes », ABC Color, 14 janvier 2011.

14. La Drug Enforcement Administration, fondée en 1973, est un puissant service de police fédéral des États-Unis chargé de la mise en application de la loi sur les stupéfiants, agissant dans une soixantaine de pays et disposant d'un « service d’action ». C’est, à côté de la CIA et du FBI, un des puissants services secrets états-uniens. Cf. Juan Cálcena, Sandra Ramírez y Kike Sosa, « EE.UU. investigó a Cartes por lavado dinero proveniente de drogas, según WikiLeaks », ABC Color, Asunción, 28 novembre 2011.

15. Daniel Vittar, interview avec Horacio Cartes, « Lugo está siendo juzgado por su moral, por sus mentiras », 27 juin 2012.

16. Agencia Nova Paraguay, 3 juillet 2012.

17. Daniel Vittar, op. cit.

18. La décision de Lugo d’opposer son veto à une loi augmentant de 50 millions de dollars les fonds du Tribunal supérieur de justice électorale, pour permettre aux partis de financer les salaires de leurs staffs électoraux — une question fondamentale à leurs yeux pour 2013 — a en outre influé sur le mécontentement des partis traditionnels.

19. Le Frente Guasú (guasú signifie ample en guarani) est une entente des partis de la gauche et du centre-gauche, formé en mars 2010, constitué par les partis de l’Alliance patriotique pour le changement (APC, qui a soutenu la candidature présidentielle de Fernando Lugo) et de l’Espace Unitaire - Congrès du Peuple (EU-CP, une coalition d’organisations se réclamant du marxisme).

20. « Jaqueado, Lugo ofreció reestructurar su gabinete con Llano, a las 15.00 », Última Hora, Asunción, 5 juillet 2012.

21. ABC est la propriété d’Aldo Zuccolini, membre d’honneur du Comité exécutif de la Société interaméricaine de presse.

22. Enrique Vargas Peña, « No nos resignemos a ser colonia », La Nación, Asunción, 1 juillet 2012.

23. Carlos Morales, « Fernando Lugo : “Franco siempre conspiró, siempre hizo oposición” », El Deber, Santa Cruz de la Sierra, 3 juillet 2012.

24. Rino Giret, « Lugo creía que la matanza de Curuguaty era una tormenta más », Última Hora, Asunción, 1er juillet 2012.

25. Augusto Roa Bastos, « Paraguay, Isla rodeada de tierra », http://www.lacult.org/docc/oralidad_06_07_56-59-paraguay.pdf