Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 659-660 janvier-février 2019

ÉTAT ESPAGNOL

Pablo Iglesias contre Iñigo Errejón : un eurocommunisme ressuscité face au néopopulisme du centre

Cf. aussi : [Espagne]

Manolo Garí et Jaime Pastor*

Quelques jours après l’annonce publique de la conclusion d’un accord entre la maire de Madrid, Manuela Carmena, et Íñigo Errejón autour de la plateforme Más Madrid en vue des prochaines élections municipales ainsi que de la réponse cinglante de Pablo Iglesias (pour ne pas mentionner celle de son secrétaire à l’organisation, Pablo Echenique), il est évident que le Podemos que nous avons connu ces cinq dernières années est arrivé à son terme.

Maintenant nous allons connaître un autre Podemos, condamné probablement à ne représenter qu’un seul courant politique, celui qui est étroitement associé au « pablisme » (1). En parallèle, un néopopulisme du centre est en train d’émerger – qui pourrait être proche de ce que représentent les Verts allemands ou le Mouvement 5 étoiles italien – qui de plus ne cessera pas de revendiquer le brevet original de Podemos. Il convient à ceux et celles qui, comme nous, ne se reconnaissent ni dans l’un ni dans l’autre de ces projets, d’ouvrir un nouvel espace à la gauche de ceux-ci. Nous espérons, ainsi, offrir un chemin distinct et à même de rendre actuel un horizon constituant de rupture : une alternative démocratique, pluraliste et anti-néolibérale, féministe, antiraciste et écosocialiste, qui servira de réceptacle à un travail commun ainsi qu’à la coopération d’un large spectre militant, capable de gagner le soutien électoral d’un large secteur de ceux d’en bas, opposés à l’austérité et aux dérives autoritaires.

Synthèse

Manifestement, les résultats électoraux en Andalousie ainsi que le virage réactionnaire signalé par les sondages en vue des élections du 26 mai 2019 (2) ont précipité la décision d’Íñigo Errejón. Ce dernier s’est définitivement convaincu qu’il devait rompre avec Pablo Iglesias et son équipe. Il savait aussi qu’il pouvait compter sur le soutien de Manuela Carmena pour donner une crédibilité à son projet en tant que la seule façon de freiner l’ascension du bloc réactionnaire.

Grandeur et décadence d’un modèle raté

Comment en sommes-nous arrivés là alors que ces derniers temps la politique suivie par l’actuel Secrétaire général de Podemos assumait vis-à-vis du PSOE une tactique pratiquement similaire à celle proposée par Errejón lors du Congrès de Vistalegre II (3) et que Pablo Iglesias en est même venu à accepter que l’ennemi n’est plus le régime, ni même l’IBEX 35 (4), mais uniquement le bloc réactionnaire ? Mais s’il en a été effectivement ainsi, des différences persistent entre les deux courants dans les discours qu’ils formulent pour atteindre de nouveaux secteurs et, surtout, en ce qui concerne l’évaluation de l’usure du logo Podemos ces temps derniers.

Commençons par le « pablisme ». Si nous nous en tenons, par exemple, aux documents et aux pratiques après la fin de son cycle ascendant, nous pourrions conclure que ce courant représente un projet politique qui puise ses références dans l’eurocommunisme de la fin des années 1970. Une bonne indication de cela réside dans la rectification des critiques que Pablo Iglesias avait fait de la Transition post-franquiste – ainsi que du rôle joué par Santiago Carrillo dans ce processus – en affirmant clairement qu’ils « ont fait ce qu’ils ont pu » et qu’ils ont démontré ainsi leur sens de l’État. Partant de ce revirement et de la constatation de la fin du cycle ouvert en 2011 par le mouvement des Indignés (le 15M), Pablo Iglesias déduit la nécessité de donner la priorité à la volonté d’être un « parti de gouvernement », sans dissimuler son « obsession de gouverner », comme il l’a reconnu dans son entretien avec Enric Juliana (5) publié récemment sous forme de livre (Nudo España, p. 321). La disposition à gouverner avec le PSOE dans le cadre de ce régime remplace ainsi le projet de rupture qui a présidé à la naissance d’un Podemos voulant se présenter comme l’expression institutionnelle de l’esprit des indignés et qui, tout de suite après les élections européennes de mai 2014, a mis sur pied une « machine de guerre électorale » visant à engager une « guerre éclair », finalement perdue.

De la frustration des aspirations à « monter à l’assaut du ciel », avec un projet populiste basé sur un modèle de parti autour d’un dirigeant charismatique et sur une démocratie plébiscitaire, il est passé, surtout à partir de Vistalegre II, à une adaptation croissante à l’axe conventionnel gauche-droite, le PSOE étant vu comme l’allié principal qu’il fallait « séduire ». La fin (pour l’instant) de ce parcours apparaît dans le rôle joué par Pablo Iglesias en tant qu’entremetteur auprès des indépendantistes catalans dans la négociation du budget général de l’État… au nom de Pedro Sánchez.

Synthèse

Cette « obsession de gouverner » est patente dans le livre cité, car bien que Pablo Iglesias y réaffirme son refus de permettre, après les élections de décembre 2015, que Pedro Sánchez formât un gouvernement en s’appuyant sur un pacte avec Ciudadanos (à l’inverse de ce que pensait et pense encore Errejón), la seule autocritique que l’on peut percevoir dans son bilan est que Podemos ne soit pas entré dans les gouvernements des communautés autonomes du Pays valencien ou d’Aragon, alors qu’il exprime sa satisfaction que son parti soit entré dans le gouvernement de Castille-La Manche. Il s’agit d’un gouvernement présidé par un baron du PSOE, qui ne dissimule ni sa sympathie pour Ciudadanos ni son empressement pour mettre hors la loi l’indépendantisme catalan.

Nous n’avons pu lire ou entendre aucune autocritique, pourtant justifiée, du leader de Podemos en ce qui concerne le modèle de parti ultracentralisé, hiérarchisé et réprimant toute dissidence, pas plus qu’en ce qui concerne les tentatives d’instrumentalisation de certaines mobilisations sociales ni, finalement, des inventions comme Vamos (6).

Pour justifier son obsession de gouverner, Pablo Iglesias n’a pas hésité à revendiquer l’exemple portugais, le présentant pour ce qu’il n’est pas. Il soutient, en effet, aspirer à « normaliser une façon de gouverner à travers une formule de coalition dans des municipalités et des communautés autonomes qui ressemble au style portugais ». Toutefois, comme il le sait bien, ce qui existe dans le pays voisin c’est un accord d’investiture qui a permis à des forces comme le Bloco de Esquerda (Bloc de gauche) de préserver son autonomie et sa liberté de critique face au Parti socialiste.

Si à ce virage stratégique, qui implique, comme le leader de Podemos le souligne, un « pragmatisme sur de nombreux plans », on ajoute le déclin croissant du leadership de Pablo Iglesias et les profondes crises internes dans plusieurs communautés autonomes, il reste peu de doute que Podemos a perdu sa centralité et sa capacité d’être un moteur de convergences. À tout cela s’ajoute la bureaucratisation définitive d’un parti dont la base militante se réduit progressivement et qui se trouve toujours plus associé à une nouvelle « classe politique », désormais préoccupée de son propre avenir. Pour cette raison, lire dans le livre mentionné que « les cercles constituent une indication claire que nous ne voulons pas construire un parti traditionnel d’adhérents » (p. 149) possède une saveur cynique dès lors que tout le monde sait que les cercles sont aujourd’hui très souvent en état de décomposition avancée (lorsqu’ils n’ont pas simplement disparu) dans la majeure partie des territoires. Une histoire qui rappelle les crises internes dont le PCE a souffert dans les années 1980-1982, lorsque le PSOE du « changement » était parvenu à occuper un large espace politique aux dépens de l’ancien parti principal de l’antifranquisme, et qui pourrait aujourd’hui rebondir si le tandem Carmena-Errejón obtenait de bons résultats électoraux.

Malgré tout, dans ce que dit Pablo Iglesias concernant cette nouvelle étape il y a deux axes, non négligeables, qui le différencient de l’eurocommunisme de Santiago Carrillo, et également du discours d’Errejón, comme nous le verrons. L’un concerne la place qu’il donne à la défense, aussi ambiguë soit-elle, de l’idée d’une Espagne plurinationale et de la nécessité d’un référendum négocié en Catalogne. Allant de pair avec son rejet de l’application de l’article 155 et des accusations de révolte et de sédition dirigées contre les indépendantistes catalans, il s’agit là d’une question importante, parce qu’elle vise une brèche importante du régime et de l’État, et qu’il ne semble pas qu’il envisage de reculer. Mais ne nous faisons pas d’illusions, il s’agira probablement de plus en plus dans l’avenir d’une défense rhétorique et non d’une ligne rouge lors de la négociation d’un hypothétique accord de gouvernement avec le PSOE.

Synthèse

L’autre axe de différenciation concerne la décision prise récemment d’introduire dans le discours une critique du rôle joué par le monarque Felipe VI, surtout à la suite de son discours télévisé du 3 octobre 2017, en employant le faible argument que la monarchie a pu servir à freiner le coup d’État du 23 février 1981 (sic), mais désormais ce frein n’est plus utile… Il semble donc que la défense de l’option républicaine a été relativement mise en avant, sans doute aussi en raison de l’émergence d’un nouveau républicanisme populaire, ce qui contraste avec le silence passé de l’équipe dirigeante de Podemos (et poursuivi par Errejón) autour de ce thème, tout comme de la mémoire historique.

Ces deux axes, conjugués à la vocation bonapartiste que le leader entend poursuivre entre les pressions institutionnelles et celles qui peuvent émaner des mobilisations dans un contexte de polarisation politique (ce que nous venons de voir lors du vote contre le décret gouvernemental sur les loyers), expliquent que Podemos est encore vu comme un parti qui n’est pas intégrable par le régime. Il n’est donc pas surprenant qu’en dépit de l’évolution de la formation, l’IBEX 35, et par conséquent la majorité des médias, reste méfiant face au parti d’Iglesias. Son objectif, partagé par le PSOE, est que Podemos soit réduit à une représentation similaire à celle qu’avait par le passé Izquierda Unida, réduisant ainsi ses possibilités de gouverner à devenir au mieux une béquille du parti de Pedro Sánchez.

Entre les contradictions de certaines parties de son discours et sa volonté d’être un « parti de gouvernement » aux côtés du PSOE s’ajoute le désir affiché par Pablo Iglesias de s’assurer un contrôle direct (bien qu’il n’y arrive pas toujours, ainsi que nous l’avons vu en Andalousie) sur Unidos Podemos et sur son discours officiel, il est compréhensible qu’Íñigo Errejón ait décidé de se libérer de cette charge et de convoler avec Manuela Carmena afin de régir face à ce qui s’est passé en Andalousie avec un projet qui « renouvelle l’espoir et la confiance ».

Une question de logos ?

Face à l’usure du logo Podemos, Iñigo Errejón nous offre Más Madrid comme la seule alternative capable d’additionner un plus grand nombre de personnes autour d’un discours qui, de nouveau, va au-delà de l’axe gauche-droite afin d’aspirer à une transversalité sans lignes rouges leur permettant de gouverner la Communauté et la municipalité de Madrid… avec le PSOE. Si, ainsi qu’on nous le dit dans la lettre de Carmena et d’Errejón, leur programme se fondera sur la « continuité du gouvernement du changement à la municipalité et une extension de son exemple à la Communauté de Madrid », il y a peu d’illusion à se faire d’un projet qui devra justifier des opérations comme Madrid-Chamartín (7) ainsi que des pratiques autoritaires au sein du groupe Ahora Madrid. Il est vrai qu’ils nous promettent « un programme conjoint et participatif », mais l’expérience vécue dans la ville de Madrid engendre des craintes fondées que, cette fois-ci, l’objectif recherché est de demander à l’électorat un chèque en blanc afin que deux personnes fassent passer une « bonne gestion » avant les programmes et les processus réellement participatifs comme ceux qui ont permis à Carmena d’accéder à la mairie de Madrid et qu’elle a abandonnés sur des points fondamentaux au cours des dernières années.

Pour cette raison, ce projet nous semble bien loin des bons vœux que Santiago Alba (8) adressait récemment à la nouvelle formation, tout en prévenant qu’un « charisme intergénérationnel ne suffira pas ; un programme à la gauche du PSOE sera aussi nécessaire ainsi qu’un style aux antipodes de Podemos ». Ce n’est pas ce qui a intéressé jusqu’à maintenant Manuela Carmena ou Íñigo Errejón, qu’il s’agisse du programme ou de la reconnaissance de la pluralité interne. Souvenons-nous que par le passé Errejón était prêt à laisser le PSOE gouverner grâce à un programme négocié avec Ciudadanos et il ne semble pas qu’il écarte un accord avec ce même parti s’il s’agissait là d’une condition pour arriver à gouverner la Communauté de Madrid avec le PSOE, comme certains sondages l’indiquent. Quant à leur relation avec les autres forces, ce qui est demandé c’est l’adhésion subordonnée à un projet taillé à la mesure d’une équipe dirigeante qui n’admet aucune critique, car elle pense être la seule capable de gagner.

Un projet qui, de plus, pourrait être étendu à l’avenir à l’ensemble de l’État espagnol en reprenant partout la même formule (Más España ?) et qui, ainsi que nous avons déjà commencé à l’observer, tend plus à s’adapter au cadre et même à des éléments symboliques du nationalisme espagnol dominant qu’à reconnaitre la réalité plurinationale et le droit à décider de nos peuples.

À la recherche de solutions

Dès lors que Podemos est fini en tant que moteur du changement et que – malgré des résultats électoraux potentiellement meilleurs, en raison de sa dérive vers un bloc « démocratique progressiste » aux contours indéfinis – nous n’avons aucun espoir que Más Madrid prendra le relais, il appartient aux secteurs qui continuent de se réclamer de l’esprit du mouvement des indignés et du manifeste « Changer de braquet » (9) avec lequel émergea Podemos, il nous appartient donc, ensemble avec la sève nouvelle provenant du militantisme social émergeant, d’adopter un autre chemin, celui de la délibération collective, du respect de la pluralité et de la proportionnalité, de l’émancipation populaire afin de miser sur des modèles de ville et de Communauté autonome qui ne cèdent pas aux pressions du bloc financier-immobilier.

Nous savons bien que s’engager sur cette voie sera plus difficile dans un contexte radicalement différent, mais c’est encore plus indispensable si nous voulons éviter la résignation ou les fausses illusions concernant les « nouvelles » politiques du moindre mal comme voie à suivre pour faire face à la menace réactionnaire. De telles illusions finissent par aboutir à des frustrations plus grandes, ainsi qu’on a pu le voir dans d’autres pays.

Nous avons en effet suffisamment vérifié que le recours à des leaderships charismatiques, qui sont rapidement devenus autoritaires, au cours des cinq dernières années nous a éloignés du mouvement des indignés et a abouti à pratiquer les pires formes de la vieille politique. Nous devons nous convaincre que, ainsi que nous alertait notre cher ami Miguel Romero en août 2013 face à ce « détour », « aucun leader ne peut se substituer à un programme, dans lequel la majorité sociale se reconnaît et qui partage la diversité des revendications insatisfaites qui rendent possible la constitution d’un camp social antagoniste face au pouvoir établi. Un camp social qui, dans l’État espagnol, il n’est pas inutile de le répéter, doit s’articuler de manière égalitaire entre les réalités nationales diverses » (10).

Madrid, le 23 janvier 2019

* Manuel Garí est économiste et membre du Conseil consultatif de la revue Viento sur. Jaime Pastor est politologue et éditeur de Viento sur. Cet article a été d’abord publié le 23 janvier 2019 sur le site de la revue Viento sur : https://www.vientosur.info/spip.php?article14555 (Traduit de l’espagnol par JM. Une autre traduction a été publiée par la revue électronique suisse À l’Encontre : alencontre.org/europe/etat-espagnol-pablo-iglesias-contre-inigo-errejon-soit-leurocommunisme-ressuscite-face-au-neopopulisme-du-centre.html)

Notes

1. Du prénom d’Iglesias, à ne pas confondre avec ce qualificatif employé par les adversaires de Michel Pablo dans le mouvement trotskiste…

2. Il s’agit des élections européennes, municipales ainsi que celles des Assemblées des communautés autonomes, dans 13 de ces communautés (sur 17). Le 1er novembre 2018, soit avant les élections andalouses, les intentions de vote, étaient les suivantes : 31,2 % pour le PSOE, 19,1 % pour le PP, 18,2 % pour Ciudadanos, 18 % pour Unidos Podemos, 4,8 % pour la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et 2,5 % pour Vox. Une synthèse (https://electocracia.com) de sondages réalisés pour divers médias en date du 11 février 2019 donne les résultats suivants : PSOE 24,0 %, PP 21,0 %, Ciudadanos 19,1 %, Unidos Podemos 15,2% et Vox 11,6 %.

3. Sur le congrès Vistalegre II de Podemos, on peut se reporter à Inprecor n° 637/638 de mars-avril 2017.

4. IBEX 35 est l’indice boursier de la Bourse de Madrid, réunissant les 35 entreprises les plus riches (comme en France le CAC 40).

5. Enric Juliana est directeur adjoint de La Vanguardia, deuxième quotidien du pays par sa diffusion, publié à Barcelone en castillan (et depuis 2011 en catalan également) d’orientation conservatrice et catalaniste.

6. Vamos a été une tentative avortée de construire un semblant d’enracinement local, autour de revendications portant sur les besoins des gens, qui était censée culminer par des manifestations le 25 mars 2017.

7. Voir au sujet de cette opération immobiliaire spéculative l’article de Luis Suárez Carreño, « El caso Madrid-Chamartín, La ciudad usurpada », Viento sur, 21 janvier 2019.

8. « Más Madrid, menos Podemos » (https://ctxt.es/es/20190116/Firmas/23999/Santiago-Alba-Rico-tribuna-Podemos-Errejon-Carmena-Madrid-politica.htm). Dans cet article Santiago Alba Rico, qui avait signé (tout comme entre autres Jaime Pastor) le manifeste collectif du 14 janvier « Changer de braquet : transformer l’indignation en changement politique », exprime ses accords et désaccords avec deux de ses « camarades anticapitalistes », se montrant dans l’ensemble favorable au projet Carmena-Errejón.

9. Connu sous le nom de « Mover ficha », ce que nous avons traduit par « Changer de braquet : transformer l’indignation en changement politique », ce manifeste collectif du 14 janvier 2014 a été à l’origine de Podemos. Il a été publié dans Inprecor n° 605/606 de mai-juillet 2017. Jaime Pastor était un de ses signataires (mais pas Íñigo Errejón ni Pablo Iglesias).

10. Miguel Romero, « Desvío al líder », Viento sur du 4 août 2013 (disponible : http://www.anticapitalistas.org/spisp.php?article28735)

Vous appréciez ce site ?
Aidez-nous à en maintenir sa gratuité
Abonnez-vous ou faites un don
Qui sommes-nous ? |  Contact | Abonnement | Design et codage © Orta