Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 625-626 mars-avril 2016 *

ÉTATS-UNIS

Bernie Sanders et la possibilité d’un changement politique

Cf. aussi : [Dan La Botz] [Etats-Unis]

Dan La Botz*

Bernie Sanders  © Gage Skidmore

Bernie Sanders © Gage Skidmore

Cincinnati, le 8 février 2016

Nous assistons à une évolution politique importante et très significative. Pour la première fois depuis les années 1930, nous voyons des débats sur le socialisme et le fascisme dans les médias. Bernie Sanders se présente en tant que socialiste (1) démocratique sans le cacher, alors qu’en même temps la candidature de Donald Trump alimente le débat sur le fascisme.

Pour la première fois depuis les années 1980, c’est-à-dire depuis la campagne de Jesse Jackson (2), il y a un candidat progressiste dans les rangs du Parti démocrate et on peut entendre une nouvelle (ou peut-être faudrait-il parler d’une très ancienne) rhétorique sur la « classe des milliardaires » et sur la nécessité d’une « révolution politique ».

Le débat sur l’immigration mexicaine et musulmane – qui selon Trump menace la société américaine – est également présent. Trump a l’intention de construire un immense mur entre le Mexique et les États-Unis et veut expulser la population musulmane.

Enfin, nous assistons à un riche et intense débat entre Sanders et le mouvement Black Lives Matter (« Les vies noires comptent »).

Nous pouvons donc dire que nous assistons aux États-Unis à un discours politique nouveau, même si je crois que ce à quoi nous assistons dans la réalité, c’est un tournant politique. Les discours politiques actuels représentent une polarisation politique différente et plus profonde que celles du passé. Et cette rhétorique nouvelle, ce nouveau vocabulaire, symbolisent les tensions profondes au sein de la société étatsunienne.

Crise économique…

De 1938 à 1968, les États-Unis ont bénéficié d’une stabilité économique, de la croissance et de l’augmentation des profits et salaires. Ce furent « les 30 glorieuses ». Depuis 1968, les États-Unis ont subi une série de fluctuations économiques – en 1975 et 1981, en 1990-1991, en 2001 et, la plus importante pour comprendre la situation actuelle, la crise de 2008. Au cours des crises de 1975 et 1981, beaucoup de vieilles usines qui ne pouvaient déjà plus concurrencer celles du Japon et d’Allemagne ont été fermées. La classe ouvrière a perdu des dizaines de milliers de postes de travail industriels, qui jouissaient des droits syndicaux.

La crise de 2008 fut encore plus dévastatrice. Le marché frauduleux des prêts hypothécaires a conduit à la faillite ou quasi-faillite des très grandes institutions financières : AIG, Bear Stearns, Citigroup, Fannie Mae et Freddie Mac, IndyMac, Lehman Brothers, Merrill Lynch, Wachovia et Washington Mutual. L’économie a stagné, 8 millions de personnes ont perdu leur emploi et il y eut 3 millions de sans-abri. Selon les chiffres officiels, le chômage a dépassé les 10 % de la population active, mais en réalité il a probablement atteint les 16 %. Pour la population noire, ce fut 30 %. Et le chômage a atteint 50 % des jeunes noirs.

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Beaucoup de gens ont perdu leur logement, ne pouvant pas payer les hypothèques. Il n’y avait plus d’accès au crédit. Durant une année, l’économie a été quasiment paralysée.

Cette crise représente également une étape décisive dans l’évolution de la structure et de la dynamique de l’emploi. La sous-traitance s’est développée, c’est-à-dire l’externalisation et l’emploi temporaire ou à temps partiel, sans jours de congé, sans congé maladie, sans primes… Aujourd’hui, nous parlons de précarisation, c’est-à-dire de gens n’ayant pas un emploi stable et des conditions de travail dignes, qu’ils avaient dans le passé. La situation économique a eu des graves conséquences pour l’ensemble de la classe ouvrière : elle a touché son emploi, la durée de son travail, ses salaires et ses primes. Mais l’impact a été encore plus dévastateur pour la population noire, dont presque tous les biens et propriétés ont été happés.

La crise de 2008 a touché beaucoup de petites et moyennes entreprises, qui ont perdu beaucoup d’argent du fait du manque de crédits et de clients. La petite bourgeoisie, à qui ces entreprises appartiennent, a réagi contre les gouvernements des Républicains et des Démocrates. Sur la base du mécontentement de ces classes moyennes et avec l’appui matériel des secteurs de la grande bourgeoisie, tels les frères Koch (3), un nouveau mouvement politique de droite a été créé au sein du Parti républicain, le Tea Party. Ses succès aux élections législatives lui ont permis de fonder un groupe parlementaire capable de paralyser le Congrès et d’empêcher le vote de lois. Ce fut la première étape vers la création d’une nouvelle droite du Parti républicain, dominée par Donald Trump et Ted Cruz.

Mais cette crise a également engendré de nouveaux mouvements sociaux : Occupy Wall Street en 2010 et Black Lives Matter en 2014. Ces mouvements, bien que distincts et différenciés, représentent des réactions contre les inégalités économiques et raciales, contre le rôle des banques et des entreprises dans la politique, contre le gouvernement et ses politiques d’austérité, contre la répression et le racisme qui les accompagnent.

Bien que les militants de Occupy Wall Street aient rejeté les partis politiques et les programmes de revendications, ce mouvement a donné naissance au tournant politique que nous voyons aujourd’hui. Occupy Wall Street a été le berceau de la campagne de Bernie Sanders. Ce dernier a défendu les exigences et les slogans de Occupy et leur a donné une formulation politique et programmatique qui leur faisait défaut. C’est pour cela que des centaines milliers de jeunes à travers tout le pays ont adhéré à la campagne de Sanders. Cette jeunesse, qui ne peut trouver des emplois permanents avec des salaires décents, soutient Bernie Sanders.

En outre, bien que la plupart des dirigeants syndicaux appuient Hilary Clinton, trois syndicats – Communication Workers of America (CWU), National Nurses United (NNU) et American Postal Workers Union (APWU) – ainsi que plus de dix mille syndicalistes mécontents de leurs directions syndicales, se sont identifiés avec Labor for Bernie (4).

… et crise démographique

L’autre crise qui affecte profondément les États-Unis en ce moment, c’est la crise démographique. La population blanche, en particulier les hommes de plus de 40 ans, se sent menacée par la croissance numérique des populations noires, latinos et asiatiques. Elle a peur de perdre son statut. C’est cette population-là, issue des classes moyennes et de la classe ouvrière traditionnelle, qui est devenue la base sociale du Parti républicain et de la campagne de Trump et des autres candidats de la droite.

Il est important d’avoir à l’esprit que les États-Unis ont été fondés en tant que pays de gens venant de l’Europe du Nord-Ouest, blancs et protestants, convaincus de leur suprématie raciale sur tout le monde et persuadés que le gouvernement qui les représente et le système capitaliste doivent dominer le monde. Mais depuis les années 1950, la remise en cause du racisme blanc a profondément changé la situation.

Entre 1956 et 1965, le mouvement noir pour les droits civiques dans le Sud des États-Unis a été un succès et a mis un terme au système illégal et extralégal de Jim Crow (5), à savoir la ségrégation raciale et la privation des droits civils et politiques de la population noire ainsi qu’aux lynchages. Le mouvement a obtenu le vote de deux lois importantes : le Civil Rights Act (1964) et le Voting Act (1965), qui ont changé le paysage politique et social du Sud.

Cette lutte a donné naissance au mouvement Black Power (Pouvoir noir), qui revendiquait le pouvoir politique dans le Sud et dans le Nord, ainsi que l’accès des noirs au travail, au logement et à l’éducation.

Il a subi une répression terrible (assassinats de Malcolm X et des dirigeants des Black Panthers…). Au cours des années 1960 et 1970, la répression des révoltes des communautés noires urbaines et des émeutes dans les grandes villes a provoqué des incendies, détruisant des immeubles, des quartiers et des grandes zones urbaines et provoquant des centaines de morts et de blessés. Cela a provoqué des réactions dans la population blanche : la fuite des centres-villes vers les banlieues et le rejet des revendications de la population noire.

Il faut encore rappeler une troisième loi importante, concernant l’immigration. Depuis les années 1920, la politique d’immigration étatsunienne excluait, pour des raisons à la fois raciales et religieuses, non seulement les Africains, les Asiatiques et les Latinos, mais également les immigrants de l’Europe du Sud et de l’Est : les Grecs, les Italiens, les Polonais et les Russes. Ils étaient exclus non seulement parce qu’ils n’étaient pas anglosaxons et blancs, mais aussi parce qu’ils étaient catholiques, orthodoxes, juifs ou musulmans. La loi sur l’immigration de 1965 a ouvert la porte à tout le monde, grâce à une méthode de quotas nationaux, aboutissant à une immigration plus importante en provenance de toute l’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

Mais, au cours des années 1980, en résultat des politiques économiques et militaires en Amérique latine, une émigration massive venant du Mexique, de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud s’est développée jusqu’en 2008. Ces immigrés ont constitué une masse de sans-papiers.

Le résultat de tout cela a été un changement important de la population étatsunienne, avec l’augmentation de la population non blanche et la diminution relative des blancs. L’actuelle population mâle et blanche, ainsi que ses prédécesseurs qui ont perdu leurs emplois industriels et syndiqués lors de la grande désindustrialisation, se sent en compétition pour l’emploi avec des noirs, des latinos, des asiatiques immigrants ainsi qu’avec des femmes dans le secteur des services, en pleine croissance. C’est tout cela qui a alimenté les ressentiments parmi les hommes blancs de la classe moyenne et de la classe ouvrière, les faisant basculer vers la droite du Parti républicain, jusqu’à soutenir Trump et le reste de la droite extrême.

Au contraire, la jeunesse dont une grande majorité ne partage pas les idées racistes de ses parents, se tourne vers Bernie Sanders.

La campagne de Sanders, un défi pour la gauche indépendante

Depuis la crise de 2008, l’aile progressiste du Parti démocrate s’est renforcée, comme en témoigne l’élection d’Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts depuis 2012, ou celle de Bill de Blasio, maire de New York depuis 2015. Au sein du Parti démocrate, un grand nombre de gens avaient placé leur espoir dans la candidature d’Elizabeth Warren, très populaire parmi les progressistes, mais cette dernière a décidé de ne pas se présenter.

L’élection en 2013 de la militante socialiste Kshama Sawant (6) au conseil municipal de Seattle et sa réélection en 2015 constituent un autre événement significatif. Les récents sondages indiquent que beaucoup de jeunes américains pensent aujourd’hui que le socialisme peut être un meilleur système que le capitalisme.

Les succès électoraux d’Elizabeth Warren et de Bill de Blasio indiquent qu’au sein du Parti démocrate ceux qui rejettent la politique néolibérale, l’austérité et les stratégies répressives qui l’accompagnent, sont de plus en plus nombreux. La victoire de Sawant a montré qu’une partie du peuple peut soutenir des candidats et des partis indépendants, à la gauche du Parti démocrate.

C’est cet ensemble de circonstances qui a créé les conditions pour une candidature comme celle de Bernie Sanders en 2016. Mais qui est Bernie Sanders ?

Avant de parler de Sanders, disons quelques mots sur son adversaire : Hillary Clinton. Il est important de noter que, si elle était élue, Hillary Clinton serait la première présidente, la première femme occupant le siège présidentiel aux États-Unis. De ce fait elle dispose d’une base de soutien parmi les femmes de plus de 30 ans, en particulier parmi celles qui travaillent et font partie des classes moyennes et supérieures. De plus, les Clinton, Bill et Hillary, ont également une relation de longue date avec les dirigeants politiques, religieux et communautaires de la communauté noire et cela malgré leurs politiques si destructives pour cette communauté, telle la réforme du système d’aide sociale, qui a mis des dizaines de milliers de femmes et d’enfants noirs dans la rue.

Mais beaucoup de gens n’ont pas de sympathie pour Hillary. Non seulement à cause de ses politiques passées – comme les réformes bancaires qui ont permis la croissance du secteur financier sur la base des pratiques douteuses et frauduleuses – mais aussi à cause de son arrogance. Beaucoup de gens n’aiment pas la politique dynastique et, de plus, n’ont pas confiance dans la personne de Hillary. Ainsi la défiance populaire envers Hillary fait aussi partie du contexte qui a permis à Sanders de se présenter et d’obtenir des succès.

Bernie Sanders, fils d’émigrants juifs de Pologne, est né et a grandi à Brooklyn. Quand il était étudiant, il a participé au mouvement pour les droits civiques des noirs dans les années 1960. Il s’est ensuite installé dans le petit État du Vermont, où il est devenu maire de Burlington et, plus tard, représentant au Congrès puis sénateur. Il a toujours été élu en tant qu’indépendant, c’est-à-dire qu’il n’était pas membre du Parti démocrate, tout en travaillant au sein de son groupe parlementaire au Sénat. Il n’est devenu membre du Parti démocrate que pour pouvoir participer à ces primaires de 2016, tout en annonçant qu’il soutiendra la candidature gagnante. Il est très probable que, s’il ne l’emporte pas, il soutiendra Hillary Clinton.

Au sein du Congrès, Sanders a toujours promu les lois progressistes de politique intérieure, tout en soutenant en général la politique étrangère traditionnelle. Au cours de cette campagne électorale, il a parlé de la mise en place d’un programme de travaux publics pour la reconstruction des infrastructures du pays, de l’augmentation des salaires à 15 dollars de l’heure, de l’enseignement supérieur, de l’éducation universitaire gratuite… et de la nécessité de changer profondément le système judiciaire ainsi que la culture et la pratique de la police.

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Il a malheureusement soutenu l’État d’Israël. Mais il a voté contre la guerre en Irak en 1991 et en 2003. Centrant sa campagne sur la politique intérieure, il se limite à dire en ce qui concerne la politique étrangère qu’il est contre la politique interventionniste des États-Unis dans les autres pays et qu’en ce qui concerne la lutte contre l’État islamique et les autres organisations terroristes, il préfère l’organisation de coalitions larges au sein desquelles le rôle central incombe aux alliés arabes et musulmans.

Par conséquent, Bernie Sanders n’est pas le candidat idéal.

Pour la gauche indépendante étatsunienne, il existe deux problèmes : sa politique étrangère et son nouvel engagement dans le Parti démocrate ainsi que sa promesse de soutenir celui ou celle qui gagnera les primaires du parti.

Mais, à mon avis, l’essentiel c’est l’impact qu’a déjà eu le programme progressiste de Bernie Sanders sur le peuple des États-Unis, en particulier sur la jeunesse, les syndicalistes progressistes et en général sur la classe ouvrière. Car Sanders parle de la lutte entre la classe des milliardaires et le peuple travailleur. De plus, sa campagne a légitimé et rendu acceptable le terme « socialiste », stimulant ainsi le débat sur le socialisme dans toute la société.

Beaucoup de gens de la gauche socialiste, qui ont des réseaux militants assez larges, ne participent pas à la campagne de Sanders en argumentant qu’il n’est pas indépendant, que c’est un membre du Parti démocrate et qu’il a promis de soutenir la candidature qui emportera les primaires, donc probablement Hillary Clinton, que sa politique étrangère n’est pas acceptable…

Par conséquent, ils considèrent qu’il ne mérite pas le soutien des socialistes.

Ce qu’ils lui reprochent est juste. Je pense cependant qu’il est essentiel de travailler avec cette jeunesse et ces syndicalistes qui soutiennent Bernie Sanders, au moins jusqu’aux élections générales. Et bien que je continue à soutenir la candidate du Parti vert, je vais travailler au sein de la campagne de Sanders pour les primaires dans ma communauté, participant à ses meetings et à ses marches aux côtés des camarades Socialistes démocrates d’Amérique (7). Si Sanders soutient Hillary Clinton, comme beaucoup d’autres je fais clairement savoir que nous ne le suivrons pas. Mais pour le moment j’assume sa campagne.

Le groupe de Kshama Sawant, Socialist Alternative, s’est engagé dans la campagne de Sanders et promet de poursuivre jusqu’aux élections générales. Il encourage ceux qui le soutiennent à s’engager par la suite dans la campagne de la candidate du Parti vert, Jill Stein, si Sanders perd l’élection primaire. Je crois qu’il est peu probable que la majorité de ceux qui soutiennent Sanders voteront pour elle.

Il est important de se battre pour gagner ces jeunes et ces syndicalistes à une politique de classe indépendante, mais à mon avis c’est une lutte avant tout idéologique et à long terme. Il est plus probable que les jeunes et les syndicalistes qui soutiennent Sanders vont apprendre de leur expérience et que cela les conduira à tirer leurs propres conclusions. C’est ce qui va former les cadres des futurs mouvements sociaux et politiques indépendants et nous devons être avec eux lorsqu’ils tireront les leçons de leur expérience actuelle et vont développer leur propre orientation politique. ■

* Dan La Botz, militant syndicaliste, chauffeur de camion puis professeur d’université et journaliste, est militant de l’organisation socialiste Solidarity (organisation observatrice au sein de la IVe Internationale). Il a été un des fondateurs de la tendance Teamsters for a Democratic Union au sein du syndicat des camionneurs, qui en alliance avec d’autres syndicalistes voulant un syndicat démocratique et combatif a porté à la présidence du syndicat un dirigeant local indépendant, Ron Carey, au congrès de 1991. Il a publié de nombreux livres sur les droits des travailleurs aux États-Unis et au Mexique. Cet article a d’abord été publié en espagnol par le site web de la revue Viento (traduit de l’espagnol par JM))

Notes

1. Aux États-Unis le terme « socialiste » signifie non pas « social-démocrate » (car la social-démocratie ne s’y est jamais développée) mais plutôt « d’extrême gauche ». D’où la signification de la nouvelle rhétorique des médias.

2. Jesse Jackson, militant pour les droits civiques des noirs américains, pasteur baptiste, a fondé les associations PUSH (Peuple uni pour servir l’humanité) et la National Rainbow Coalition (Coalition nationale arc-en-ciel). En 1984, lors des primaires du Parti démocrate, il arrive en troisième position (18,09 % des suffrages) et en 1988, en deuxième position avec 29,12 % des suffrages, en centrant ses campagnes sur le rejet de la politique de Reagan.

3. Charles G. Koch et David H. Koch, connus en tant que « Koch brothers », dirigent Koch Industries (115 milliards de bénéfices en 2013) et de nombreuses fondations de la famille Koch. Une de ces fondations, Americans for Prosperity, a été jusqu’en 2010 le principal soutien financier du Tea Party. Pour les élections de 2016, les frères Koch ont annoncé avoir donné plus de 100 millions de dollars à des candidats républicains et libertariens.

4. Sanders est soutenu par le National Nurses United, le principal syndicat des infirmières aux États-Unis (190 000 membres), qui participe activement à sa campagne, et l’American Postal Workers Union, le syndicat des postiers (environ 200 000 membres). Il s’agit, dans les deux cas, de syndicats nationaux qui ont un passé combatif et sont aujourd’hui plus actifs que la plupart des autres syndicats. Le Communications Workers of America (CWA, Syndicat des communications d’Amérique, le principal syndicat des travailleurs de télécommunications, des médias et des transports avec plus de 700 000 membres, dont 456 629 cotisants actifs et 166 491 retraités non cotisants), l’Amalgamated Transit Union (ATU, Syndicat uni des transports) et l’Association of Flight Attendants (l’Association des agents de bord), là encore des syndicats nationaux au passé plus combatif, ont contribué à la campagne Sanders, même s’ils ne l’ont pas publiquement approuvée. D’autres responsables syndicaux ont apporté leur aide et sont apparus aux rassemblements. Depuis juin 2015, un groupe de dirigeants et militants syndicalistes (qui a atteint 80 000 membres) s’est constitué, « Labor for Bernie » (un jeu de mot voulant dire « On se démène pour Bernie » et « Les travailleurs pour Bernie »). Son appel dit que « le sénateur Sanders peut inspirer des millions d’Américains avec des propositions politiques qui placent au centre et font avancer les intérêts des 99 % » et que « Labor for Bernie ne sera pas une campagne corporatiste, dirigée d’en haut par des politiciens professionnels. Elle sera le reflet de notre engagement pour un changement fondamental et du besoin urgent d’une activité politique forte organisée par en-bas. ». Ses membres font pression sur leurs syndicats nationaux pour qu’ils appuient Sanders : un certain nombre de syndicats locaux ont déjà exprimé leur soutien, même si les syndicats nationaux auxquels ils sont rattachés ne l’ont pas fait.

5. Dès 1837, on utilisait le nom de Jim Crow (qui vient d’une chanson populaire) pour parler de ségrégation raciale. Les lois Jim Crow (Jim Crow Laws) – une série d’arrêtés et de règlements promulgués généralement dans les municipalités ou les États du Sud entre 1876 et 1965 – distinguaient les citoyens selon leur appartenance raciale et, tout en admettant leur égalité de droit, elles imposaient une ségrégation de jure dans tous les lieux et services publics.

6. Kshama Sawant, née en 1972 à Pune, en Inde, émigrée aux États-Unis en 2006, est une militante de Socialist Alternative, la section étatsunienne du Comité pour une Internationale ouvrière (CIO/CWI, fondée en 1974 à l’initiative de Militant Tendency de Grande-Bretagne dirigée alors par Ted Grant).

7. Le Democratic Socialists of America (DSA), fondé en 1973 par une partie de l’ex-Parti socialiste d’Amérique, est membre de l'Internationale socialiste (7 000 membres en 1983). Bernie Sanders en est membre et a été élu sous cette étiquette. Sa section jeunesse, les Young Democratic Socialists of America (YDS) a pour logo le poing à la rose des partis socialistes français et suisse.

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