Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Notes de lectures

N° 532-533 novembre-décembre 2007 *

NOTES DE LECTURE

Critiques israéliennes juives du sionisme

Cf. aussi : [Israël-Palestine]

Didier Epsztajn

La révolution sioniste est morte : textes réunis et présentés par Michel Warschawski, Voix israéliennes contre l’occupation, 1967-2007, La fabrique éditions, Paris 2007, 156 pages, 14 euros

Ce livre est un recueil de textes de différentes natures qui dénoncent les politiques de l’État d’Israël et démontent la nature du sionisme réellement existant.

Comme indiqué dans l’introduction, « il montre que les Israéliens sont prêts à entendre les critiques les plus dures de la politique de leur gouvernement » sans mise à l’index et encore moins de procès. Contre les assimilations de l’antisionisme à l’antisémitisme par les dirigeants du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF) il faut faire connaître ces prises de positions.

Compte tenu du choix de la période débutant en 1967, les textes sont centrés sur l’occupation des territoires palestiniens. A titre d’exemples, je donne simplement quelques citations.

Dans un texte de 1985 Yeshayahu Leibowitz, biochimiste, théologien et grand intellectuel de l’histoire d’Israël, parle de la transformation de « l’État d’Israël de cadre d’indépendance nationale pour le peuple juif en structure de domination juive violente sur un autre peuple » et de « consensus national-fasciste qui domine la société entière ».

En 2002, dans un article intitulé « La révolution sioniste est morte » Abraham Burg, ancien militant et député travailliste, juif pratiquant, écrit ces paroles « C’est soit la discrimination ethnique pratiquée par des juifs, soit la démocratie. Ou bien les colonies, ou l’espérance pour deux peuples. Ou bien l’illusion d’un rempart de barbelés, des barrages routiers et des kamikazes, ou bien une frontière internationale consentie mutuellement, et Jérusalem capitale commune de deux états » ; tout en signalant que cela implique le démantèlement de toutes (l’auteur souligne) de toutes les colonies.

Là-bas aussi certain-e-s font preuve de lucidité et d’une espérance commune de liberté et de démocratie.

Une phrase sur la destruction des juifs d’Europe par les nazis m’a profondément touché. Elle est de Yehouda Elkana, né en Yougoslavie et rescapé du judéocide « Pour employer une image, on pourrait dire que deux peuples sont sortis d’Auschwitz : une minorité qui déclare : “ça ne doit plus jamais arriver”, et une majorité pétrie de peurs et d’angoisses qui déclare : “ça ne doit plus jamais nous arriver” ».

Je voudrais aussi signaler un très beau texte de Christine Pirinoli « Genre, militantisme et citoyenneté en Palestine dans un numéro récent de Nouvelles questions féminines1 (Thème principal « Les perspectives féministes en sciences économiques »). Cet article traite de la « trajectoire historique de la figure de la militante idéale », des femmes dans l’Intifada « entre progression politique et régression sociale » avec un développement sur les codes vestimentaires, le processus d’Oslo « ruptures et continuités » et « Traditionalisation de la société et images des femmes : de l’actrice potentielle à la femme objet du patrimoine » avant de s’interroger « Quelle citoyenneté féminine en absence de citoyenneté palestinienne ? »

Notes

(1) Nouvelles Questions Féministes vol 26, n° 2/2007, Antipodes, Aoste 2007, 159 pages, 19 euros.

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