Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Politique

N° 511-512 novembre-décembre 2005 *

URUGUAY

Des prisonniers politiques, de nouveau

Cf. aussi : [Uruguay]

Dans le cadre des mobilisations continentales contre le sommet des Amériques et la présence de Bush sur le sol latino-américain, contre la Zone du libre échange des Amériques (ZLÉA) et contre le Traité bilatéral d’investissements entre les États-Unis et l’Uruguay, une manifestation a eu lieu le 4 novembre à Montevideo. Elle a été sauvagement réprimée. Bilan : plusieurs blessés, 16 détenus dont quatre condamnés pour « sédition ». C’est un délit clairement politique, avec des peines qui vont de 2 à 6 ans de prison ferme, sans possibilité de libération anticipée.

C’est le juge Juan Carlos Fernández Lecchini, tristement célèbre pour avoir classé les dossiers des victimes de la dictature militaire, qui est responsable de cette aberrante décision judiciaire. Mais le gouvernement et le Ministre de l’Intérieur José Diaz ont justifié cette répression.

L’application d’une peine de « sédition » est un fait extraordinaire. Une telle accusation n’a jamais été utilisée, même pas contre ceux qui ont pratiqué la lutte armée dans les années 1960 et 1970. Les condamnés sont seulement « coupables » d’avoir participé à une manifestation anti-impérialiste.

Il y a aujourd’hui, quatre prisonniers politiques en Uruguay : Claudio Piñeiro, 24 ans, étudiant et militant du syndicat des conducteurs de taxis ; Ignacio Corrales, 20 ans, militant étudiant ; Lilián Bogado, 50 ans, employée du Centre de Santé et militante syndicale ; Fiorella Joséndez, 21 ans, militante au Centre Social « El Galpón de Corrales ».

Ces militants ont été condamnés sans d’autres preuves que les accusations de la police, des témoins à décharge ont été empêchés de témoigner. Les deux femmes ont été blessées par la police. La criminalisation de la protestation prend appui sur un appareil répressif, hérité de la dictature et maintenu intact.

Il faut exiger du gouvernement Tabaré Vázquez la libération immédiate des emprisonnés pour « sédition » Claudio Piñeyro, Ignacio Corrales, Lilián Bogado et Fiorella Joséndez.

Pour plus d’informations : www.inventati.org/presosuruguay/mensaje.php3

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