Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Notes de lectures

N° 543-544 novembre-décembre 2008 *

Le Who is who de droite extrême

Cf. aussi : [France]

Jan Malewski

Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours, L’Harmattan, Paris 2008, 59 euros.

Recenser l’ensemble des organisations, groupes et groupuscules de la droite extrême dans la France de l’après-guerre, tel est l’objectif réussi du Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours. Des milliers de noms, les « passerelles » entre la droite « respectable » et celle plus activiste et extrême, des milliers de structures répertoriées... Chaque groupe est identifié par son organisation interne et son historique, sans jugement de valeur. Le champ de l’étude c’est la droite de la Droite. Autrement dit, toutes les formations qui, à un instant donné, ont été plus radicales dans leur idéologie et/ou, dans leurs pratiques, que les formations politiques parlementaires traditionnelles.

Il ne s’agit pas d’un énième ouvrage consacré à cette galaxie politique. A la différence de dizaines de documents, fort bien réalisés, il est plus question de traiter des structures, des hommes et des femmes, que des apports théoriques. Dans ce sens, l’infiniment petit est présenté sur un pied d’égalité avec des structures importantes. L’inconnu, les hommes qui travaillent dans l’ombre, y ont droit de cité. En fait, ce dictionnaire se veut être un utilitaire pour tout lectorat amené à s’intéresser à cette sphère qui a occupé et occupe une large place sur l’échiquier politique.

De 1945 à juillet 2007 (date de remise du manuscrit à l’éditeur), des centaines de milliers de personnes ont passé par des organisations de la droite et de l’extrême droite françaises, allant et venant de l’une à l’autre, selon leurs engagements et leurs plans de carrière.

Le dictionnaire proposé par Jacques Leclercq permet de découvrir les « passerelles » utilisées. Par « passerelles » l’auteur entend les groupes qui, ne pouvant en aucun cas être décrits comme extrémistes de droite, ont été, à des instants précis, soit infiltrés, soit ont reçu le renfort de transfuges de milieux situés à « droite de la Droite ». Il s’agit de « tous les mouvements qui ont été à l’occasion le lieu d’échanges entre la droite traditionnelle et parlementaire, et les courants qui prennent la dénomination de “nationaux”, “droitistes”, “d’extrême-droite”, de “droite extrême”, de “nationaux-populaires”, “suprémacistes, “ethno-différentialistes”, “patriotes”, de “socialistes-nationaux”, “royalistes”, “monarchistes”, “solidaristes”, “identitaires” ou de “nationalistes”. » Ces passages, parfois revendiqués, ont souvent fait l’objet de camouflages… Sans ce travail de recensement, maintes informations historiques seraient donc passées à la trappe.

Un instrument utile pour qui veut suivre les cheminements sinueux qui relient la droite et l’extrême droite actuelle à leurs racines dans la collaboration avec l’occupant nazi.

Vous appréciez ce site ?
Aidez-nous à en maintenir sa gratuité
Abonnez-vous ou faites un don
Qui sommes-nous ? |  Contact | Abonnement | Design et codage © Orta