Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 605-606 mai-juillet 2014

DOSSIER ÉGYPTE

Le combat des Socialistes révolutionnaires

Cf. aussi : [Egypte]

Souhaitant poursuivre avec les SR un débat fraternel commencé il y a quelques années, nous reproduisons des extraits de discussions ayant eu lieu fin avril 2014, avant l’élection présidentielle, entre, d’une part, trois représentants des SR et, d’autre part, le journaliste indépendant égyptien Hany Hanna et le syndicaliste français Alain Baron.

Rassemblement place Tahrir contre Morsi en novembre 2012. © Weeks/VOA

Rassemblement place Tahrir contre Morsi en novembre 2012. © Weeks/VOA

L’histoire de la gauche marxiste en Égypte reste à écrire. Une de ses caractéristiques semble être la discontinuité : depuis un siècle, des organisations naissent, subissent la répression puis s’éparpillent.

Synthèse

Les Socialistes révolutionnaires (SR) sont nés au début des années 1990 sans véritable lien avec les courants s’étant réclamés du marxisme avant eux. Cette organisation a été fondée par des étudiants de l’Université américaine du Caire entrés en contact avec le SWP britannique par le biais d’un enseignant. Depuis lors, les SR ont tissé des liens avec le courant trotskyste International Socialist Tendency (IST).

Une seconde caractéristique de la gauche marxiste égyptienne est sa taille relativement réduite. La force militante des SR est estimée à plusieurs centaines de militants et ils mobilisent régulièrement plus d’un millier de sympathisants.

Pour définir leur politique, les SR ont été amenés à se délimiter :

d’une part face aux courants communistes plus anciens, et dont la taille ne semble pas plus importante ;

d’autre part face aux courants de gauche se réclamant de Nasser, et qui sont de loin beaucoup plus enracinés.

Le premier texte, reproduisant les propos d’Hisham Fouad, présente le bilan politique et social des douze derniers mois.

Coup de projecteur sur une année mouvementée. Hicham Fouad

Les deux interviews qui suivent portent essentiellement sur la question controversée du positionnement des SR face aux Frères musulmans.

La question est : “qui mène la contre-révolution ?”. Entretien de Hany Hanna et Alain Baron avec Hatem Tallima

Socialistes révolutionnaires face aux Frères musulmans. Entretien de Hany Hanna et Alain Baron avec Mustafa Omar

Encart : Un président mal élu et fragile

Election du 5 juin 2014. D’après des chiffres officiels manifestement truqués, impossibles à vérifier et auxquels personne ne croit, 93 % des électeurs auraient voté pour le Maréchal Sissi. Mais simultanément, seulement la moitié des électeurs seraient allés voter. Le nassérien de gauche Sabahi, seul candidat face à Sissi, n’aurait obtenu que 3 % des voix.

La préoccupation principale de la population, reste la survie au quotidien avec la hausse du chômage due à une économie sinistrée, une hausse des prix vertigineuse, des coupures d’eau et d’électricité très fréquentes.

Le pouvoir actuel risque d’être encore plus répressif que ses prédécesseurs : Sissi doit faire taire toute possibilité de contestation sociale pour tenter de remettre en place l’ordre en vigueur avant 2011.

La situation peut très vite évoluer si les grèves ouvrières, laissées en suspens durant la campagne présidentielle reprennent.

Tout aussi déterminante sera la structuration des forces révolutionnaires (Mouvement du 6 Avril, Socialistes révolutionnaires, Pain et Liberté…) au sein d’un front, comme celui qui s’est constitué dans les mobilisations contre la loi restreignant le droit de manifester en janvier dernier. Ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible de créer une alternative à la fois à l’Armée et aux Frères Musulmans.

(Extraits d’un article paru le 5 juin 2014 dans « l’Anticapitaliste », hebdomadaire du NPA : http://www.npa2009.org)

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