Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Notes de lectures

N° 532-533 novembre-décembre 2007 *

NOTES DE LECTURE

Privatisation de l’organisation sociale

Cf. aussi : [Altermondialisme]

Didier Epsztajn

Raoul Marc Jennar et Laurence Kalafatides, L’AGCS — Quand les Etats abdiquent face aux multinationales, Raison d’agir, Paris 2007, 122 pages 6 euros

Ce petit livre, décrit longuement et en détail la formidable machine à détruire les services publics et plus généralement à privatiser les relations antérieurement régies dans le cadre des États nationaux. L’accord général sur le commerce des services (AGCS) vise à libéraliser tous les services (enseignement, santé, accès à l’eau et à l’énergie, culture, etc.) en supprimant de manière irréversible les « obstacles » au commerce.

De possibles décisions des représentations politiques (parlements) ne pourraient revenir sur cette libéralisation.

L’Organisation mondiale du commerce (OMC), par délégation ou démission des structures étatiques agit comme collectif organisateur du capitalisme. Les États présentent, aux yeux des possédants et de leurs idéologues, le double défaut d’être soumis au contrôle des citoyens et d’être fonctionnellement incapables de répondre à l’échelle internationale à la nécessaire organisation de la valorisation du capital.

L’OMC assume des fonctions de réglementation et de justice hors de tout contrôle démocratique.

Sous les thèmes de la liberté du commerce, de la concurrence libre et non faussée et du développement, ces institutions privées ne sont pas qu’une menace pour la démocratie. Elles organisent une autre marche du monde en élaborant des réponses articulées, au niveau international, à la crise du système capitaliste, ouverte au milieu des années 1970. Il est regrettable que cette dimension systémique soit peu approfondie dans le livre.

Il n’en demeure pas moins, qu’il est plus que temps de dévoiler les négociations privées et secrètes auxquelles les gouvernements donnent leur aval.

Aucun domaine de la vie sociale et économique ne devrait se dérober aux choix citoyens. Collectivement, il convient d’élaborer des réponses à l’échelle des problèmes posés, donc aussi à l’échelle internationale.

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